L’ancien président brésilien Jair Bolsonaro a été arrêté et placé en détention provisoire ce samedi, a confirmé l’un de ses avocats ainsi qu’une source proche du dossier. Condamné à 27 ans de prison pour tentative de coup d’État, l’ex-chef d’État, déjà assigné à résidence depuis le mois d’août, n’a pas pu éviter l’incarcération malgré les efforts de sa défense.
Un mandat exécuté sur ordre de la Cour suprême
Selon un communiqué de la police fédérale, les autorités ont exécuté un mandat de détention provisoire imposé par une décision de la Cour suprême du Brésil.
« Il a été fait prisonnier, mais je ne sais pas pourquoi », a déclaré à l’AFP son avocat Celso Vilardi, affirmant ne pas avoir été informé des détails de l’opération.
Âgé de 70 ans, Bolsonaro vivait en résidence surveillée depuis plusieurs mois, après avoir été reconnu coupable par la justice d’avoir dirigé une organisation criminelle visant à assurer son maintien autoritaire au pouvoir après sa défaite face à Luiz Inacio Lula da Silva lors de l’élection présidentielle d’octobre 2022.
Une condamnation alourdie et un appel rejeté
Déclaré coupable en septembre, l’ancien président a vu son appel rejeté la semaine dernière par la Cour suprême, confirmant ainsi la lourde peine de 27 ans de réclusion. La justice considère que Bolsonaro était au centre d’un vaste complot destiné à contester le résultat des élections et à encourager des actions insurrectionnelles, notamment la tentative de soulèvement du 8 janvier 2023 à Brasilia.
La demande de détention à domicile refusée
Vendredi encore, ses avocats avaient sollicité que la peine soit purgée à domicile, invoquant les problèmes de santé dont souffrirait l’ex-chef d’État. Une requête rejetée par les autorités judiciaires, qui ont estimé que les conditions n’étaient pas réunies pour accorder un tel aménagement.
Une arrestation aux répercussions politiques majeures
L’arrestation d’un ancien président reste un événement rare au Brésil et risque d’avoir des répercussions politiques majeures dans un pays toujours polarisé. Les partisans de Bolsonaro dénoncent une décision « politique », tandis que ses opposants y voient l’aboutissement d’un processus judiciaire visant à préserver les institutions démocratiques.
La suite de la procédure déterminera si Bolsonaro restera en détention provisoire ou sera transféré dans un établissement pénitentiaire pour y purger sa peine.