Selon des informations confidentielles confiées à Alternance Média, le ministère des Affaires sociales et du Travail (MAST) a procédé ces derniers jours à une série de transferts et nominations au sein de plusieurs directions clés. Sous la houlette du ministre Georges Wilbert Franck, cinq cadres importants changent de poste.
Officiellement, il s’agit d’une « redynamisation ». Pour de nombreux observateurs, c’est plutôt un réaménagement administratif sans vision.

Des nominations qui interrogent plus qu’elles ne rassurent

D’après les informations obtenues, les changements concernent :

Me Moïse Jules, nouveau Directeur du Travail ;

Me Jean Nerva Siméon, promu Coordonnateur des Salaires ;

Madame Guerline Jean-Louis, transférée comme Coordinatrice des Organes de sécurité sociale ;

Me André Ibréus, hissé au poste de Directeur des Affaires juridiques ;

Monsieur Duckens Jeune, désormais Directeur adjoint du Travail.

Cinq mouvements internes, mais aucune annonce publique sur une stratégie.
Une source du ministère confie que ces décisions « devraient améliorer la coordination interne ».
La réalité, sur le terrain, dit exactement le contraire.

Pendant que le ministère se réorganise, la crise sociale explose

Ces ajustements surviennent alors que plusieurs millions d’Haïtiens sont déplacés internes, chassés par la violence des gangs, vivant dans des camps insalubres et livrés à eux-mêmes.
Une situation qui aurait dû pousser le MAST à adopter une posture d’urgence nationale, pas une recomposition hiérarchique.

Dans le même temps, Haïti attend le renouvellement de la loi HELP/HOPE, vitale pour les manufactures textiles, un secteur qui s’effondre.
Les pertes d’emplois se comptent par centaines de milliers, plongeant des familles entières dans l’incertitude.
Pourtant, aucune mesure concrète n’est annoncée pour protéger les travailleurs ou soutenir les entreprises en détresse.

Un remaniement interne déconnecté de l’urgence nationale

Pour beaucoup, ces décisions ressemblent davantage à un exercice de repositionnement interne qu’à une réponse à la catastrophe sociale en cours.
Le MAST aurait dû :

Déployer un plan national pour les déplacés ;

Renforcer l’accompagnement aux travailleurs ;

Intervenir pour éviter l’effondrement d’industries clés ;

Proposer des mécanismes de stabilisation de l’emploi.

À la place, ce sont les titres qui changent — pas les politiques publiques.

Changer les postes ne changera pas la réalité

Le ministère peut multiplier les nominations et les transferts : la crise sociale, elle, ne bouge pas.
Le pays n’a pas besoin de nouveaux directeurs, mais d’un ministère en action.

Les révélations faites à Alternance Média exposent un MAST préoccupé par sa mécanique interne, alors que les travailleurs, les déplacés et les familles haïtiennes attendent une chose simple : des réponses.

By Ralph Siméon

Ralph SIMÉON- journaliste engagé, animateur et entrepreneur. J'ai fait mes premiers pas à Radio Haïti Inter, média emblématique et référence nationale. En France, j'ai cofondé Haïti Tribune avant de rejoindre le service créole de Radio France Internationale ( RFI). Mon parcours incarne un engament constant en faveur de l'information , du lien social et de la valorisation d' Haïti sur la scène internationale.

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