Les États-Unis ont franchi un nouveau seuil dans leur politique de pression contre les acteurs haïtiens soupçonnés de collusion avec les gangs. Ce lundi 24 novembre 2025, le Département d’État a annoncé l’imposition de restrictions de visa contre un haut fonctionnaire haïtien accusé d’avoir soutenu des gangs armés et d’autres organisations criminelles, et d’avoir entravé les efforts du gouvernement dans la lutte contre les groupes terroristes.
Selon la déclaration de Tommy Pigott, principal porte-parole adjoint du Département d’État, la sanction repose sur la disposition INA 212(a)(3)(C), permettant aux États-Unis de refuser l’entrée à toute personne dont les activités pourraient entraîner des « conséquences diplomatiques particulièrement graves ».
Tous les visas détenus par l’individu visé seront révoqués immédiatement.
Selon nos informations : un membre du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) serait concerné
Bien que Washington n’ait pas révélé publiquement l’identité de la personne sanctionnée, des sources proches du dossier ont confirmé à Alternance Média que l’individu concerné serait un membre du Conseil Présidentiel de Transition (CPT).
Si cette information se confirme, il s’agirait d’un développement d’une gravité exceptionnelle : un acteur placé au sommet de l’État, chargé de conduire le pays vers la stabilité et les élections, serait directement accusé par les États-Unis d’entretenir des liens avec les gangs qu’il est censé combattre.
Cette situation soulèverait de nombreuses questions sur la gouvernance du CPT, sur ses divisions internes et sur la crédibilité même de ses engagements sécuritaires.
Une politique américaine ancrée depuis 2022
Cette décision s’inscrit dans la continuité d’une politique initiée en octobre 2022, ciblant les individus – et les membres de leur famille – qui fournissent un appui financier, matériel ou logistique aux gangs. Les États-Unis réaffirment leur détermination à soutenir la stabilité en Haïti et à exiger des progrès tangibles vers des élections libres.
« Le peuple haïtien en a assez de la violence des gangs, de la destruction et des querelles politiques intestines », insiste le communiqué, tout en promettant de renforcer la reddition de comptes contre ceux qui continuent à déstabiliser le pays.