Port-au-Prince, 3 décembre 2025 — La première visite officielle du Secrétaire général de l’Organisation des États Américains (OEA), Albert Ramdin, en Haïti depuis l’installation du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) n’avait rien d’une simple courtoisie diplomatique. Derrière les formules habituelles et les sourires protocolaires, le message de l’OEA a été clair, direct, presque brutal : le temps des discours est terminé, le CPT doit livrer des résultats.

Laurent Saint-Cyr, président du CPT, a accueilli la délégation avec les honneurs requis. Mais au-delà des remerciements et des engagements de façade, c’est la feuille de route exigée par l’OEA, notamment sur la sécurité et l’organisation du processus électoral, qui s’impose désormais comme un instrument de pression politique sur l’exécutif de transition.

Sécurité : l’OEA met le CPT devant ses responsabilités

Albert Ramdin n’a pas mâché ses mots : Haïti ne pourra aller nulle part sans une stratégie de sécurité crédible. L’OEA insiste sur :

la mise en place opérationnelle de la Force de Répression des Gangs (FRG) ; la coordination des sanctions internationales ; la maîtrise des réseaux criminels qui asphyxient le pays ; le renforcement urgent du contrôle territorial.

Ce rappel appuyé sonne comme un avertissement : l’OEA attend du CPT autre chose que des déclarations. Ramdin a souligné la nécessité d’actions visibles pour restaurer la sécurité avant toute autre étape politique, y compris les élections.

Élections : un calendrier incontournable et une pression explicite

Le Secrétaire général a aussi évoqué un soutien technique de l’Organisation, mais en filigrane se dessine une autre réalité :

l’OEA exige que le CPT respecte le calendrier du 7 février 2026, date limite pour consolider la transition et remettre le pays sur les rails institutionnels.

En réaffirmant son accompagnement via l’ONI et ses équipes techniques, l’OEA conditionne clairement son appui à :

un processus électoral crédible ; une identification nationale fonctionnelle ; une transition qui ne s’éternise pas.

C’est une manière élégante de rappeler au CPT que la communauté internationale ne tolérera pas une prolongation indéfinie de son mandat.

La feuille de route OEA : un cadre, mais aussi une contrainte

Si le CPT remercie l’OEA pour « son engagement constant », c’est bien parce que cette feuille de route est aujourd’hui le document le plus structurant – et le plus contraignant – de la transition.

Elle impose une ligne d’action sur :

la sécurité, la gouvernance, les réformes institutionnelles, la relance économique, le retour à l’ordre constitutionnel.

Derrière les mots diplomatiques, l’OEA redéfinit les priorités nationales et pousse le gouvernement haïtien à agir sous supervision internationale.

Une visite lourde de messages politiques

Malgré un ton public mesuré, cette rencontre stratégique envoie :

un signal de fermeté du Secrétaire général ; une mise en garde au CPT contre tout ralentissement ; une pression politique directe sur le gouvernement appelé à passer du discours aux actes ; une injonction à accélérer la lutte contre les gangs et les réformes électorales ; un rappel des attentes internationales à trois mois d’échéances critiques.

Albert Ramdin l’a répété : l’OEA « accompagnera », mais elle ne suppléera pas l’inaction.

En d’autres termes : le CPT n’a plus droit à l’erreur.

Conclusion : Une transition sous surveillance

Cette visite montre que la transition haïtienne n’est plus seulement nationale : elle est désormais placée sous contrôle diplomatique, avec l’OEA en chef de file d’une communauté internationale impatiente. Le CPT sort de cette rencontre avec un soutien réaffirmé, mais aussi avec une pression maximale pour livrer des résultats tangibles dans les semaines à venir.

Pour Alternance Média, une chose est claire :

L’OEA veut des actes, et le gouvernement n’a plus le luxe de temporiser.

By Tanes DESULMA

Tanes DESULMA, Rédacteur en chef d’Alternance-Media, je suis diplômé en journalisme de l’ICORP et en droit public de l’École de Droit de La Sorbonne. Passionné par l’information et la justice, je m’efforce de proposer un journalisme rigoureux et engagé.

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