Fruit d’un travail académique et citoyen, ce document vise à appuyer l’action publique par une analyse rigoureuse des attentes de la population.

Issu d’une enquête nationale conduite par le Regroupement des Professeur·e·s d’Université d’Haïti (REPUH) en collaboration avec Engagement Citoyen, un rapport universitaire vient d’être officiellement transmis au gouvernement et au Conseil présidentiel de transition. Fondé sur des données empiriques, le document entend contribuer à une approche rationnelle et inclusive de la sortie de crise.

Dans un contexte de crise multidimensionnelle prolongée, marqué par l’insécurité généralisée, l’affaiblissement des institutions et l’érosion de la confiance publique, une initiative académique et citoyenne vient rappeler la nécessité d’ancrer l’action politique dans l’analyse factuelle.

Au début du mois de décembre 2025, deux correspondances officielles ont été adressées, d’une part, au Premier ministre Didier Alix Fils-Aimé, et d’autre part, au Conseil présidentiel de transition (CPT), représenté par son coordonnateur. Ces courriers formalisent la transmission d’un rapport d’enquête nationale accompagné d’une proposition citoyenne structurée de sortie de crise, élaborés par le Regroupement des Professeur·e·s d’Université d’Haïti (REPUH) et la plateforme Engagement Citoyen.

Une démarche fondée sur la rigueur scientifique

Les initiateurs du rapport posent un diagnostic sans concession sur les pratiques de gouvernance en Haïti. Selon eux, depuis l’indépendance, les décisions politiques ont trop souvent été prises en l’absence d’analyses rigoureuses, contribuant à freiner le développement national et à fragiliser les institutions publiques.

C’est en réponse à ce constat qu’a été menée, entre le 29 juillet et le 29 août 2025, une enquête nationale auprès d’un échantillon représentatif de la population haïtienne. L’objectif était de recueillir, de manière méthodique, les perceptions, attentes et priorités des citoyens concernant les voies possibles de sortie de crise, dans la perspective de l’après-6 février 2026, échéance centrale du processus de transition.

Le contenu du rapport transmis aux autorités

Les documents soumis aux autorités s’articulent autour de deux axes complémentaires :

Un rapport complet d’enquête, présentant les constats, analyses et enseignements issus du terrain ; Une proposition structurée de sortie de crise, formulée à partir des résultats de l’enquête, et inscrite dans une perspective de gouvernance inclusive, d’efficacité institutionnelle et de stabilité durable.

Les auteurs soulignent que cette proposition ne se veut ni prescriptive ni partisane. Elle ambitionne plutôt de fournir aux autorités de transition un outil d’aide à la décision, fondé sur des données probantes et sur l’expression directe des citoyens.

Une contribution adressée à l’ensemble des autorités de la transition

En s’adressant à la fois au chef du gouvernement et au Conseil présidentiel de transition, le REPUH et Engagement Citoyen entendent inscrire leur démarche dans une logique institutionnelle et inclusive. Les signataires expriment l’espoir que ce travail puisse éclairer les réflexions des autorités, soutenir leurs efforts en vue de la construction d’un consensus national solide, et contribuer à l’élaboration de politiques publiques fondées sur une vision collective.

Les courriers insistent également sur la disponibilité des auteurs à engager un dialogue avec les autorités autour des conclusions et recommandations formulées.

Le rôle de l’université dans le débat public

Cette initiative illustre une implication directe du monde universitaire dans la réflexion sur les politiques publiques. Dans un pays confronté à une crise structurelle profonde, le recours à l’expertise académique apparaît comme un levier essentiel pour dépasser les approches conjoncturelles et renforcer la crédibilité des processus de transition.

En mettant à disposition des autorités un travail fondé sur la recherche et l’écoute citoyenne, le REPUH et Engagement Citoyen rappellent la vocation de l’université à contribuer à l’intérêt général et à la consolidation de l’État de droit.

Une interpellation mesurée, mais significative

Si le ton employé demeure respectueux et institutionnel, la portée de la démarche n’en est pas moins significative. La transmission de ce rapport place les autorités de la transition face à une exigence claire : prendre en compte les données empiriques et les attentes citoyennes dans l’élaboration des décisions publiques.

Dans un contexte où la transition est souvent perçue comme déconnectée des réalités sociales, cette initiative pose les bases d’un dialogue nécessaire entre savoir académique, engagement citoyen et pouvoir politique.

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By Tanes DESULMA

Tanes DESULMA, Rédacteur en chef d’Alternance-Media, je suis diplômé en journalisme de l’ICORP et en droit public de l’École de Droit de La Sorbonne. Passionné par l’information et la justice, je m’efforce de proposer un journalisme rigoureux et engagé.

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