Washington– Dix-huit pays se sont engagés à contribuer au déploiement d’une nouvelle force militaire internationale en Haïti, destinée à combattre les gangs armés qui contrôlent une large partie du territoire. L’annonce a été faite par le secrétaire général de l’Organisation des États américains (OEA), Albert Ramdin, à l’issue d’une visite officielle dans le pays.
Selon le patron de l’OEA, cette force comptera 5 500 militaires et viendra remplacer la mission multinationale actuelle, dont l’efficacité est largement remise en question. Le projet s’inscrit dans une feuille de route pilotée par les États-Unis, avec pour objectif de renforcer durablement la sécurité en Haïti.
« Dix-huit pays se sont engagés à fournir des forces. Le point clé est qu’ils travaillent tous ensemble, selon les mêmes régulations. C’est pourquoi le processus de constitution de cette nouvelle force est long », a expliqué Albert Ramdin.
Un déploiement progressif jusqu’au 1er avril
Le déploiement se fera par étapes. Environ 1 000 militaires pourraient être envoyés dès le mois de janvier, si les conditions logistiques et politiques sont réunies.
La moitié des effectifs devrait être déployée d’ici le 1er avril, date à laquelle le bureau des Nations unies chargé de superviser la nouvelle mission sera officiellement mis en place.
Des pays africains devraient jouer un rôle majeur dans la composition de cette force, aux côtés du Sri Lanka et du Bangladesh. Plusieurs pays d’Amérique latine ont également exprimé leur volonté de participer.
Une situation sécuritaire toujours critique
En visite en Haïti cette semaine, Albert Ramdin a reconnu que la situation sécuritaire reste grave. Les gangs armés sont accusés de meurtres, viols, enlèvements et pillages, dans un contexte d’instabilité politique chronique.
Haïti n’a pas organisé d’élections depuis neuf ans et est actuellement dirigé par des autorités de transition, qui ont récemment annoncé la tenue d’élections législatives et présidentielle à l’été 2026.
« Nous ne pouvions pas nous déplacer partout, mais le fait même que j’aie pu me rendre à Port-au-Prince montre que le gouvernement est toujours en place et aux commandes », a affirmé le secrétaire général de l’OEA.
Vers une force militaire plus robuste
Le Kenya, chef de file de la mission multinationale actuelle, a récemment déployé une centaine de policiers supplémentaires en Haïti. Toutefois, les résultats demeurent très mitigés, alimentant les critiques et renforçant l’option d’une force militaire internationale plus robuste, dotée d’un mandat élargi.
Pour les autorités haïtiennes et leurs partenaires internationaux, le 1er avril marque désormais une échéance stratégique, censée ouvrir une nouvelle phase de la réponse sécuritaire face à la montée en puissance des gangs armés.