Le gouvernement haïtien franchit un nouveau pas dans la régulation de l’espace médiatique. Réuni en Conseil des ministres ce jeudi 18 décembre 2025 à la Villa d’Accueil, sous la présidence de Laurent Saint-Cyr, coordonnateur du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), l’exécutif a adopté un projet de décret encadrant l’exercice de la liberté d’expression et portant prévention et répression des délits de diffamation et de presse.

L’information a été confirmée par une publication officielle diffusée sur le compte de la Présidence, sans que le texte intégral du décret ne soit encore rendu public.

Une décision annoncée dès la prise de fonction de Laurent Saint-Cyr

Cette initiative s’inscrit dans la continuité des déclarations faites par Laurent Saint-Cyr lors de son discours d’investiture à la tête du CPT. À cette occasion, le conseiller-président avait clairement exprimé sa volonté de resserrer la diffusion de l’information, en ciblant notamment les médias opérant sur les réseaux sociaux, qu’il jugeait insuffisamment encadrés dans un contexte de crise multidimensionnelle.

Cette position, assumée publiquement, avait déjà suscité des interrogations au sein de la corporation journalistique et de la société civile, quant aux garanties effectives du respect de la liberté de la presse dans un pays où l’information reste un outil central de mobilisation citoyenne.

Sécurité et information au cœur des discussions

Selon la communication officielle, le Conseil des ministres a également consacré ses échanges à la situation sécuritaire du pays, marquée par la persistance des violences armées, l’affaiblissement des institutions publiques et les difficultés d’accès à l’information dans plusieurs zones sous contrôle de groupes armés.

C’est dans ce contexte que le projet de décret a été adopté, liant explicitement la question de la liberté d’expression à celle de la prévention et de la répression des délits de diffamation et de presse.

Un texte très attendu

À ce stade, aucun détail n’a été communiqué sur :

le champ d’application du décret,

les médias concernés (presse traditionnelle, médias en ligne, réseaux sociaux),

les sanctions prévues,

ni les mécanismes de contrôle ou de régulation envisagés.

La publication du document officiel est donc attendue pour permettre une évaluation précise de la portée juridique et politique de cette mesure, dans un pays où la liberté d’expression est protégée par la Constitution mais régulièrement mise à l’épreuve par l’instabilité politique et sécuritaire.

Vigilance du secteur médiatique

En attendant, cette décision du CPT intervient dans un climat de forte sensibilité autour des questions de gouvernance, de transition politique et de respect des libertés fondamentales. Elle sera scrutée de près par les journalistes, les organisations de défense des droits humains et les partenaires internationaux d’Haïti.

Alternance Média continuera de suivre l’évolution de ce dossier et publiera une analyse approfondie dès la mise à disposition du texte intégral du décret.

By Ralph Siméon

Ralph SIMÉON- journaliste engagé, animateur et entrepreneur. J'ai fait mes premiers pas à Radio Haïti Inter, média emblématique et référence nationale. En France, j'ai cofondé Haïti Tribune avant de rejoindre le service créole de Radio France Internationale ( RFI). Mon parcours incarne un engament constant en faveur de l'information , du lien social et de la valorisation d' Haïti sur la scène internationale.

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