Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a indiqué que les États-Unis ont reçu des engagements allant jusqu’à 7 500 agents de sécurité internationaux pour soutenir la Force de réponse aux gangs (FRG) déployée en Haïti sous mandat des Nations unies. Cette annonce intervient alors que la FRG est déjà présente sur le terrain, à la suite de l’adoption de la résolution autorisant son déploiement.

Présenté conjointement par les États-Unis et le Panama, le texte a été adopté par le Conseil de sécurité de l’ONU avec 12 voix pour, aucune contre, et trois abstentions — celles de la Chine, de la Russie et du Pakistan. La résolution autorise la mise en place d’une force internationale destinée à renforcer la lutte contre les gangs armés qui contrôlent de vastes portions du territoire haïtien, notamment la zone métropolitaine de Port-au-Prince.

Selon le mandat approuvé, la FRG doit être composée de jusqu’à 5 500 personnels, incluant des policiers, des militaires et des civils, pour une durée initiale de 12 mois. Les engagements annoncés par Washington dépassent donc le plafond théorique des effectifs, traduisant un fort volontarisme en ressources humaines de la part de plusieurs États contributeurs.

Contrairement à la Mission multinationale de soutien à la sécurité (MMAS), que la FRG est appelée à supplanter, cette nouvelle force dispose d’un mandat élargi. Elle est autorisée à opérer de manière autonome, tout en coopérant étroitement avec la Police nationale d’Haïti (PNH). La FRG bénéficie également de pouvoirs d’arrestation, une évolution significative censée renforcer son efficacité opérationnelle face aux groupes criminels.

La MMAS, déployée depuis juin 2024 sous leadership kenyan, a été confrontée à des contraintes structurelles majeures, notamment un sous-financement chronique et des effectifs insuffisants, limitant son impact dans un contexte de violence persistante. Plusieurs gangs haïtiens ont depuis été désignés comme organisations terroristes par les États-Unis.

Sur le plan financier, le fonctionnement de la FRG reposera sur un système de contributions volontaires des États membres. Si l’enthousiasme observé en matière d’engagements humains est notable, ce mécanisme soulève toutefois la question de la pérennité et de la régularité des ressources financières, un enjeu déterminant pour la capacité de la force à remplir durablement son mandat.

Les violences des gangs armés, largement alimentés par des armes illicites provenant des États-Unis, ont provoqué le déplacement forcé d’environ 1,3 million de personnes et une dégradation continue de la situation humanitaire. Selon l’UNICEF, près de 50 % des membres des gangs seraient des enfants ou des adolescents, illustrant la profondeur de la crise sociale.

La coalition criminelle Viv Ansanm est identifiée comme l’un des principaux moteurs de l’escalade sécuritaire. Dans un rapport récent, l’International Crisis Group souligne que la réussite de toute intervention internationale dépendra non seulement de l’usage de la force, mais aussi de stratégies visant le démantèlement durable des alliances criminelles.

Depuis 2022, les violences liées aux gangs ont causé plus de 16 000 morts en Haïti, selon des estimations concordantes, confirmant l’ampleur d’une crise sécuritaire qui continue de mettre à l’épreuve les capacités de l’État haïtien et l’engagement de la communauté internationale.

By Ralph Siméon

Ralph SIMÉON- journaliste engagé, animateur et entrepreneur. J'ai fait mes premiers pas à Radio Haïti Inter, média emblématique et référence nationale. En France, j'ai cofondé Haïti Tribune avant de rejoindre le service créole de Radio France Internationale ( RFI). Mon parcours incarne un engament constant en faveur de l'information , du lien social et de la valorisation d' Haïti sur la scène internationale.

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