Vatican, 25 décembre 2025 –
Pour son premier Noël à la tête de l’Église catholique, le pape Léon XIV a livré un message fort, à la fois spirituel et profondément ancré dans les réalités du monde contemporain. À l’occasion des célébrations de la Nativité, le souverain pontife a dénoncé avec fermeté « l’absurdité des discours belliqueux » et les « blessures ouvertes » laissées par les guerres, appelant l’humanité à renouer avec la paix, la solidarité et la dignité humaine.
Un premier Noël sous haute intensité symbolique
Dans la soirée du mercredi 24 décembre, Léon XIV a célébré la première messe de Noël de son pontificat dans la basilique Saint-Pierre au Vatican. Malgré une pluie persistante, des milliers de fidèles ont convergé vers la place Saint-Pierre. Faute de place à l’intérieur de la basilique, environ 5 000 personnes ont suivi la célébration sur des écrans géants installés sur le parvis.
Une homélie centrée sur la foi, la charité et l’espérance
Devant les cardinaux, les évêques, les diplomates accrédités près le Saint-Siège et plusieurs milliers de fidèles, Léon XIV a prononcé une homélie essentiellement religieuse, sans référence directe à l’actualité immédiate, mais à la portée sociale assumée.
« Alors qu’une économie faussée conduit à traiter les hommes comme de la marchandise, Dieu se fait semblable à nous, révélant la dignité infinie de toute personne », a-t-il déclaré.
« Proclamons la joie de Noël, qui est la fête de la foi, de la charité et de l’espérance. »

Retour à une tradition interrompue
Autre changement notable : le pape Léon XIV a présidé le matin du 25 décembre la messe du jour de Noël, renouant ainsi avec une tradition interrompue après le pontificat de Jean-Paul II (1978-2005). Ce choix est perçu au Vatican comme un signe de continuité avec certaines pratiques historiques du Saint-Siège.
À l’issue de cette messe solennelle de la Nativité, le pape a prononcé à 12h00 sa première bénédiction “Urbi et Orbi” de Noël, depuis la loggia centrale de la basilique Saint-Pierre, retransmise en mondovision.
Un appel appuyé à la paix entre l’Ukraine et la Russie et dans le monde
Lors de cette bénédiction, Léon XIV s’est livré à un tour d’horizon des principaux foyers de tensions dans le monde. Fidèle à sa ligne pastorale, il s’est présenté comme un ardent défenseur d’une paix « désarmée et désarmante », renouvelant ses appels au dialogue et à la réconciliation.
Il a dénoncé avec force les conséquences humaines des conflits armés, évoquant notamment les populations civiles piégées dans des guerres interminables, les jeunes envoyés au combat malgré eux et les sociétés durablement marquées par la violence.
« Fragile est la chair des populations vulnérables, éprouvées par tant de guerres en cours ou terminées, laissant derrière elles des ruines et des blessures ouvertes », a-t-il déclaré.
Gaza, migrants et populations vulnérables au cœur du message
Parmi les situations évoquées, le pape a attiré l’attention sur les conditions humanitaires extrêmement difficiles à Gaza, où des populations déplacées font face à la pluie, au froid et au manque d’abris. Il a également insisté sur le sort des migrants, des pauvres et des exclus, rappelant que refuser d’aider les plus vulnérables revient, selon lui, à rejeter Dieu lui-même.
Cette prise de position s’inscrit dans une ligne constante de ses interventions récentes, marquée par une forte préoccupation pastorale pour la dignité humaine universelle.
Trêve de Noël et regrets pontificaux
En amont des célébrations, Léon XIV avait appelé à une trêve mondiale de 24 heures pour Noël, souhaitant qu’au moins symboliquement les armes se taisent. Il a toutefois regretté que cet appel n’ait pas été entendu par tous, évoquant notamment le rejet apparent de cette proposition par la Russie.
Polyglotte, le pape a également renoué avec la tradition de la bénédiction dans plusieurs langues, renforçant la dimension universelle de son message.
Noël, une espérance active
Sur le plan spirituel, Léon XIV a rappelé que Noël ne se limite pas à une célébration liturgique. Il l’a présenté comme une espérance active, invitant les chrétiens à traduire la joie de la Nativité en engagements concrets pour la paix, la justice et la solidarité.
Cette année, Noël 2025 coïncide avec la clôture du Jubilé, l’Année sainte de l’Église catholique, qui a attiré des millions de pèlerins à Rome, conférant à ces célébrations une portée spirituelle et symbolique particulière.