Les Cayes, 28 décembre 2025 — Un nouvel acteur politique vient de s’inviter dans le paysage politique haïtien. Le parti Haïti Solidaire, de gauche à orientation sociale-démocrate, a officiellement lancé ses activités ce dimanche aux Cayes, lors d’une cérémonie à forte portée politique réunissant des militants venus de différentes régions du pays et de la diaspora.
Issu d’une dynamique collective associant des Haïtiens vivant sur le territoire national et à l’étranger, Haïti Solidaire se présente comme une réponse structurée à la crise systémique que traverse le pays — sécuritaire, institutionnelle, sociale et morale — et ambitionne d’ouvrir une nouvelle page de l’histoire politique haïtienne.
« Mettre de l’ordre dans le désordre » : une ligne politique assumée
Au cœur de son projet, le parti s’est fixé pour mission de « mettre de l’ordre dans le désordre », un slogan qui traduit sa volonté de rupture avec l’anarchie institutionnelle, la gouvernance improvisée et l’exclusion sociale qui minent l’État haïtien depuis plusieurs décennies.
Cette orientation s’inscrit dans une vision sociale-démocrate, fondée sur la justice sociale, l’équité, la participation citoyenne et le renforcement d’un État capable d’agir efficacement au service du bien commun.
Quatre piliers pour refonder l’État
Haïti Solidaire structure son projet politique autour de quatre piliers stratégiques, considérés comme essentiels à la refondation nationale :
La jeunesse, moteur du changement et de l’innovation politique ; La diaspora, levier stratégique de compétences, de ressources et d’influence internationale ; Les femmes, actrices centrales du développement social, économique et démocratique ; Les paysans, garants de la souveraineté alimentaire et piliers historiques de la nation haïtienne.
À travers cette approche, le parti entend corriger les déséquilibres structurels et redonner une représentation politique effective à des catégories historiquement marginalisées.
Des propositions pour la transition politique
Prenant la parole au nom de la nouvelle formation, Jean Raymond Policart, secrétaire général de Haïti Solidaire, a annoncé l’adoption d’une résolution politique à l’issue de la cérémonie.

Cette résolution propose de confier la présidence de la transition à la Cour de Cassation, en tant qu’institution jugée :
la moins politisée, la plus stable dans l’ordre constitutionnel, et l’une des dernières à bénéficier d’une légitimité institutionnelle reconnue.
Le parti formule ainsi plusieurs recommandations en vue de la transition politique appelée à succéder au Conseil présidentiel de transition (CPT), dont le mandat arrive à échéance le 7 février prochain.
Selon Haïti Solidaire, ces propositions visent à combler le vide institutionnel, restaurer la légitimité de l’État et créer les conditions politiques et sécuritaires minimales nécessaires au retour à l’ordre constitutionnel et à l’expression démocratique du peuple.
Une « révolution du bon sens »
Au-delà d’un simple positionnement électoral, Haïti Solidaire affirme promouvoir une « révolution du bon sens », fondée sur l’éveil de la conscience citoyenne, la responsabilisation collective et le dépassement de la politique de survie au profit d’une politique de transformation.
Le parti appelle à l’émergence d’une nouvelle classe socio-politique, intègre, compétente et connectée aux réalités populaires, capable de rompre avec les élites traditionnelles accusées d’avoir confisqué l’État et trahi l’intérêt général.
Avec ce lancement officiel, Haïti Solidaire ambitionne désormais de s’imposer comme une force politique de gauche crédible et structurée, tournée vers l’avenir et déterminée à reconstruire Haïti sur les bases de l’ordre, de la justice sociale, de la souveraineté nationale et de la dignité humaine.