L’échec du Conseil présidentiel de transition (CPT) et du gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils Aimé a remis au devant de la scène politique les alliés de l’ancien Premier ministre Ariel Henry. Une partie de la population, tout comme plusieurs partenaires internationaux, considèrent aujourd’hui que la gestion d’Ariel Henry était plus stable et plus productive que celle du CPT, malgré les critiques formulées à l’époque.

Selon des sources concordantes, la période de fin d’année a été marquée par d’intenses consultations politiques et diplomatiques autour de l’avenir de la transition. Des engagements auraient été pris concernant la fin du mandat du CPT et la nécessité de redéfinir le cadre politique de la transition.

La Communauté des Caraïbes (CARICOM), l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et l’Organisation des États américains (OEA) ont multiplié les échanges avec des acteurs politiques haïtiens, dans un contexte de dégradation continue de la sécurité, de la gouvernance et de la situation économique du pays.

Sur le plan interne, le coordonnateur du CPT et représentant du secteur privé, Laurent St-Cyr, a rencontré, le week-end écoulé, des alliés de l’ancien Premier ministre Ariel Henry lors d’une réunion tenue dans un restaurant de Pétion-Ville. Cette rencontre, qualifiée de « très positive » par des proches de Laurent St-Cyr, a duré environ deux heures.

Ont pris part à cette réunion : André Michel, Alex Larsen, Rosemond Pradel, Marjory Michel, ainsi qu’une autre personnalité politique. L’objectif principal de ces échanges portait sur la nécessité d’une entente politique en vue de l’après-CPT.

Pour Laurent St-Cyr, le mandat du CPT prend fin le 7 février 2026. Il estime qu’un accord politique est indispensable afin de fixer clairement les prochaines étapes de la transition et de conduire à terme le processus électoral engagé.

Un bilan accablant : insécurité, corruption et effondrement économique

Au-delà de l’insécurité généralisée, le CPT est également éclaboussé par plusieurs scandales de corruption. Le dossier de la Banque Nationale de Crédit (BNC), impliquant des responsables étatiques, est toujours pendant devant la justice. Par ailleurs, plusieurs ministres du gouvernement de transition ont été épinglés par l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) pour des soupçons de malversations, renforçant le sentiment d’impunité au sommet de l’État.

Sur le plan économique, la situation s’est nettement détériorée. L’inflation est en constante hausse, réduisant drastiquement le pouvoir d’achat des ménages. La capacité de production nationale est aujourd’hui près de dix fois inférieure à son niveau antérieur, selon des données économiques concordantes, accentuant la dépendance du pays aux importations et à l’aide extérieure.

Dans le même temps, la crise sécuritaire atteint des niveaux alarmants. Pour la seule année 2025, 1,4 million de personnes ont été déplacées, 2 700 personnes tuées, 4 115 blessées et plus de 1 000 cas de kidnapping recensés, selon les chiffres des Nations unies.

Face à ce triple échec — sécuritaire, institutionnel et économique — la transition conduite par le CPT apparaît de plus en plus fragilisée, ouvrant la voie à une recomposition politique dont les alliés de l’ancien Premier ministre Ariel Henry entendent bien tirer profit.

By Tanes DESULMA

Tanes DESULMA, Rédacteur en chef d’Alternance-Media, je suis diplômé en journalisme de l’ICORP et en droit public de l’École de Droit de La Sorbonne. Passionné par l’information et la justice, je m’efforce de proposer un journalisme rigoureux et engagé.

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