Le dernier post publié sur X par Martine Moïse, à l’occasion de la 54ème mois du décès de l’ancien président Jovenel Moïse, soulève une profonde indignation. Non pas parce qu’il invoque la mémoire d’un chef d’État assassiné — démarche légitime — mais parce qu’il révèle une fois de plus une instrumentalisation politique troublante d’un crime d’État encore non élucidé, analyse , dans édito , Tanes DESULMA, directeur de la rédaction et de la publication d’ «  ALTERNANCE MÉDIA « 

Le choix d’illustrer ce message par une vidéo mettant en scène André Michel n’est ni anodin ni innocent. Cette séquence montre un acteur politique en train de faire de la politique. Or, dans toute démocratie, l’action politique, la stratégie, la tactique et le rapport de force sont constitutionnellement reconnus. Faire de la politique n’est pas un crime. L’ériger en élément à charge dans un dossier pénal relève d’un amalgame dangereux, qui menace les fondements mêmes de l’État de droit.

Mais l’indignation devient plus profonde encore face au silence sélectif entretenu dans ce discours.

Aucune mention des individus qui ont plaidé coupables et été condamnés aux États-Unis.

Aucune mention de ceux qui sont actuellement incarcérés en Haïti.

Aucune mention, enfin, des fugitifs qui refusent toujours de répondre aux convocations de la justice.

Plus grave : Martine Moïse elle-même refuse de comparaître devant la justice haïtienne. Cette réalité, largement documentée, fragilise considérablement son discours public. On ne peut exiger justice tout en se tenant volontairement à distance du processus judiciaire. La justice ne se réclame pas à géométrie variable ; elle s’assume pleinement, surtout lorsqu’on se présente comme victime centrale d’un crime d’État.

Ce glissement progressif de la quête de vérité vers une construction politique personnelle pose une question essentielle : cherche-t-on réellement la justice pour Jovenel Moïse ou cherche-t-on à orienter l’opinion, désigner des adversaires et préserver certains silences ?

En tant que média, Alternance Média assume pleinement sa position. La défense d’André Michel dans ce contexte n’est ni une prise de parti aveugle ni un alignement politique, mais un choix de cohérence éditoriale et de rigueur démocratique. La politique n’est pas un crime. Le débat public ne peut être criminalisé. Et la mémoire d’un président assassiné mérite mieux que des raccourcis, des amalgames et des règlements de comptes.

La vérité ne se construit ni sur les réseaux sociaux ni par des montages symboliques.

Elle se construit devant les tribunaux, dans le respect des faits, du droit et de la justice — pour tous, sans exception.

By Tanes DESULMA

Tanes DESULMA, Rédacteur en chef d’Alternance-Media, je suis diplômé en journalisme de l’ICORP et en droit public de l’École de Droit de La Sorbonne. Passionné par l’information et la justice, je m’efforce de proposer un journalisme rigoureux et engagé.

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