Port-au-Prince, 15 janvier 2026 –
À quelques semaines de l’échéance du 7 février 2026, date marquant la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), Monseigneur Pierre-André Dumas a annoncé son retrait de toute implication directe et opérationnelle dans le processus de médiation politique engagé en vue de trouver un accord consensuel sur l’après CPT.
La décision a été rendue publique dans une note de clarification adressée au peuple haïtien, datée du 13 janvier 2026 et signée par l’évêque d’Anse à Veau et de Miragoâne. Ce document intervient alors que le nom du prélat circulait depuis plusieurs jours comme figure centrale d’une initiative de médiation nationale.
Contrairement à ce que laisse entendre sa note finale, Monseigneur Pierre-André Dumas avait, dans une correspondance antérieure adressée au coordinateur du Conseil présidentiel de transition, confirmé avoir reçu des sollicitations multiples de la part de regroupements politiques, d’organisations de la société civile et d’acteurs institutionnels. Il y indiquait avoir accepté de conduire une démarche de médiation afin de dégager une solution concertée avant l’échéance du 7 février 2026.

Dans cette même lettre, l’évêque proposait une rencontre à la fin du mois de janvier avec le coordinateur du CPT afin de lui présenter les premières avancées issues des discussions menées avec plusieurs regroupements politiques. L’objectif affiché était d’éviter un vide institutionnel et de favoriser un consensus minimal autour de la transition.
L’annonce de cette médiation a toutefois suscité de vives réactions dans la classe politique et au sein de la société civile. Plusieurs acteurs ont publiquement remis en question la légitimité et la neutralité du processus.
Le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) a notamment exprimé ses réserves, estimant que Monseigneur Dumas ne pouvait être à la fois juge et partie, dans la mesure où il est associé au Rassemblement pour une entente nationale et souveraine (REN), structure dont l’un des membres siège au Conseil présidentiel de transition. Pour le RNDDH, cette situation posait un problème de crédibilité et d’impartialité dans un contexte politique déjà fortement polarisé.
D’autres voix critiques se sont élevées dans la classe politique, estimant que l’implication directe d’un évêque dans une médiation politique exposait l’Église catholique à des risques de récupération et de confusion des rôles, au moment même où la transition traverse une phase de grande fragilité.
Face à la multiplication des critiques, à la circulation d’informations contradictoires et aux interprétations divergentes autour de son rôle, Monseigneur Pierre-André Dumas affirme avoir pris la décision de se retirer entièrement de ce processus spécifique de médiation, après discernement dans la prière et consultation.
Dans sa note, il précise que ce retrait ne signifie ni indifférence, ni découragement, ni abandon. Il réaffirme n’avoir jamais agi au nom de la Conférence des évêques d’Haïti et rappelle que son engagement s’inscrivait dans une démarche strictement pastorale, inspirée par la culture du dialogue prônée par l’Église.
L’évêque souligne également qu’il n’a jamais eu l’intention d’élaborer une solution politique, mais plutôt de contribuer à restaurer le dialogue là où il s’est rompu.
Le retrait de Monseigneur Pierre-André Dumas intervient dans un contexte marqué par l’absence de consensus clair sur l’après CPT, alors que la date du 7 février 2026 approche rapidement. Les divergences persistent entre acteurs politiques, organisations de la société civile et partenaires internationaux quant à la formule de gouvernance à adopter.
En conclusion de sa note, l’évêque dit rester disponible pour Haïti et pour ses compatriotes, poursuivant sa mission de prière, d’interpellation des consciences et de soutien à toute initiative sincère de dialogue, de paix et de reconstruction nationale.