Port-au-Prince, samedi 17 janvier 2026 — Le bas de la capitale a été le théâtre d’un moment politique à forte charge symbolique. À Cool Corner, espace reconnu pour accueillir de grandes conférences et événements publics, André Michel a tenu une conférence de presse qui marque un tournant stratégique dans sa reconquête politique.
Dès 9 heures du matin, des centaines de citoyens, sympathisants, militants et curieux ont afflué pour écouter, voir et participer à cette rencontre. Une mobilisation massive, révélatrice d’un renouement profond entre André Michel et sa base populaire, notamment dans les quartiers historiquement acquis à sa cause : Bas de la ville, Carrefour-Feuilles, Solino, Canapé-Vert, Lalue, Bas-Delmas, entre autres.

Un retour assumé à la base populaire
Dans une prise de parole empreinte de conviction, André Michel s’est présenté comme un fils de la masse, issu de l’école nationale, des lycées publics et de l’Université d’État d’Haïti. Il a rappelé que le pays a investi en lui et qu’à ce titre, il lui doit un service total — jusqu’à la sortie de l’État de la crise critique qu’il traverse, et jusqu’à son dernier souffle.
Ce rappel biographique, loin d’être anodin, s’inscrit dans une stratégie politique claire : réaffirmer un lien organique avec les couches populaires, à un moment où la défiance envers la classe dirigeante atteint un niveau historique.
Fidélité militante et message aux adversaires
L’homme politique a salué la résilience de ses partisans, restés fidèles malgré les pressions, le matraquage politique, les tentatives de chantage et les manœuvres de division.
« Merci à vous qui ne m’avez jamais abandonné. Je continuerai à lutter pour votre bien-être et celui de vos familles », a-t-il déclaré, déclenchant une salve d’applaudissements nourris.
Ce message, adressé à la fois à sa base et à ses adversaires, visait à démontrer que son capital politique demeure intact dans la rue, malgré les campagnes de discrédit menées contre lui ces dernières années.

Une lecture sévère de la transition politique
Sur le plan politique, André Michel a dressé un constat sans détour : depuis le départ de Ariel Henry, la situation du pays s’est aggravée de manière exponentielle, tant sur le plan sécuritaire qu’institutionnel.
Face à cette dérive, il affirme avoir opté pour un accord politique de transition, destiné à conduire la dernière phase du processus : éradiquer les gangs armés, restaurer l’autorité de l’État et organiser des élections crédibles et honnêtes afin de renouveler le personnel politique.
Sans ambiguïté, il a qualifié les gangs de criminels notoires et de terroristes, responsables de meurtres, de pillages et de viols, excluant catégoriquement toute forme de dialogue avec eux.
La rue comme baromètre politique
Les images largement relayées sur les réseaux sociaux montrent une marée humaine escortant son cortège dans le bas de la ville, scandant des slogans révélateurs :
« Viv André », « Mèt bò a nan bò a », « André se papa lari a ».
Cette ferveur populaire contraste fortement avec certains discours circulant en ligne et rappelle une réalité souvent négligée dans l’analyse politique haïtienne : la rue demeure un acteur central du rapport de force.
Un signal clair envoyé à la classe politique
Ce qui s’est produit ce 17 janvier 2026 révèle une réalité politique nette : André Michel reconquiert méthodiquement ses bases et réaffirme son ancrage au cœur de Port-au-Prince. Par cette démonstration de force, il reprend la main dans l’espace public et signe un retour assumé dans ses bastions historiques.
Le message est limpide : la rue n’a pas déserté André Michel.