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Dernière ligne droite pour le CPT : entre ouverture au dialogue et boycott politique, la transition s’enlise à moins de trois semaines du 7 février.

À quelques semaines de l’échéance du 7 février 2026, les tentatives du Conseil présidentiel de transition (CPT) pour relancer un dialogue politique se heurtent à de profondes divisions au sein même des forces qui avaient contribué à sa mise en place.

Ce mardi 20 janvier, une délégation de proches du Conseiller présidentiel Louis Gérald Gilles, signataire de l’Accord du 21 décembre, doit rencontrer les membres du CPT. La délégation sera composée notamment de Serge Gaspard, Sego Mayi Moulen, Prince Pierre Sonson de NOULHA, du parti de Gérald Gilles, de Domingue Orgella, entre autres.

Cette rencontre intervient cependant dans un climat de rejet grandissant du cadre de dialogue proposé par le Conseil.

Les grands signataires de l’Accord du 21 décembre disent non

Dans le même temps, les principaux signataires de l’Accord du 21 décembre – notamment SDP, FUSION, INITE et INIFOS – ont officiellement refusé de répondre à l’invitation du CPT.

Une correspondance a déjà été acheminée au Conseil présidentiel pour notifier ce refus, marquant une fracture ouverte entre certains proches de Louis Gérald Gilles et les formations politiques majeures de l’accord.

André Michel : pas de dialogue convoqué par un CPT en fin de mandat

Dans une conférence de presse tenue samedi dernier devant plusieurs centaines de militants et sympathisants, Maître André Michel, porte-parole de l’Accord du 21 décembre et dirigeant de l’organisation AVOKAPEPLA, a été catégorique.

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André Michel , le samedi 17 janvier 2026, lors d’une conférence à Port- au- Prince

« Le CPT peut être sur la table dans le cadre de discussions convoquées par des facilitateurs, mais ce CPT qui a totalement échoué ne peut pas convoquer les forces politiques à quelques jours de la fin de son mandat. »

Il a rappelé que le mandat du Conseil présidentiel prendra fin le 7 février 2026, sans possibilité de prolongation, et a plaidé pour un accord politique inclusif afin de sauver le processus électoral.

Sur son compte X, il a confirmé cette position :

« Nous ne répondrons pas à l’invitation du CPT ce dimanche. Le CPT peut être sur la table dans le cadre de discussions convoquées par des facilitateurs, mais ce CPT qui a totalement échoué ne peut pas nous convoquer à 19 jours du 7 février 2026. Nous avons écrit au CPT en ce sens. »

Le G10 maintient également son refus

Même posture du côté du regroupement G10, qui réunit notamment Fanmi Lavalas, PHTK, RDNP, OPL, KONBA, UNIR, EN AVANT, Nouvelle Orientation et ASE.

Invité lundi matin sur Radio Magik 9, Jean Michel Lapin, ancien Premier ministre et dirigeant de Nouvelle Orientation, a expliqué que le G10 rejette ces discussions car le CPT chercherait à reproduire :

« la même forme de discussions qui n’a jamais donné de résultats, comme sous Ariel Henry et la CARICOM ».

Selon lui, le G10 ne se considère pas comme un accord politique, mais comme un espace de réflexion visant à proposer une orientation de gouvernance plus sociale que politique.

Absence remarquée au sein du CPT

Jean Michel Lapin s’est également interrogé sur l’absence du coordonnateur du CPT, Laurent Saint-Cyr, lors de la dernière réunion tenue dimanche.

Cette absence a été confirmée par Jonas Coffy, responsable de l’organisation Ayisyen pou Ayiti et membre du consensus politique présent à cette rencontre, qui indique qu’on lui a rapporté que le coordonnateur aurait été victime d’un malaise.

Un constat d’échec partagé

Pour Jean Michel Lapin, les dix organisations du G10 savaient depuis plusieurs mois que le CPT ne serait pas en mesure d’organiser des élections dans les délais impartis.

Après le refus du G10 de répondre à l’invitation du Conseil, il estime désormais qu’il appartient aux acteurs politiques eux-mêmes de contacter le CPT afin d’organiser la passation de responsabilité.

Il déplore :

l’absence d’un véritable accord politique, l’intransigeance de plusieurs leaders, et la multiplication de propositions sans consensus suffisant.

Vers un nouvel exécutif provisoire ?

Pour l’heure, le G10 n’a formulé aucune proposition officielle.

Jean Michel Lapin évoque toutefois une piste de sortie de crise :

la mise en place d’un exécutif à deux têtes, réunissant un président provisoire et un nouveau Premier ministre.

Une transition en fin de course

Alors que certaines personnalités acceptent encore de rencontrer le CPT, les refus successifs de l’Accord du 21 décembre, du G10 et de plusieurs autres structures politiques confirment une réalité politique de plus en plus claire :

À 18 jours de la fin de son mandat, le Conseil présidentiel de transition peine à rassembler et à imposer un cadre crédible de sortie de crise.

By Tanes DESULMA

Tanes DESULMA, Rédacteur en chef d’Alternance-Media, je suis diplômé en journalisme de l’ICORP et en droit public de l’École de Droit de La Sorbonne. Passionné par l’information et la justice, je m’efforce de proposer un journalisme rigoureux et engagé.

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