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À moins de trois semaines du 7 février 2026, le Conseil présidentiel de transition poursuit ses consultations dans le cadre du dialogue national censé baliser l’après-transition. Mais plusieurs figures politiques majeures contestent leur participation et dénoncent un processus jugé illégitime et biaisé.

Au cours de la deuxième journée, le CPT affirme avoir rencontré des représentants de COPPOS Haïti, de KOREPAD ainsi que de l’Accord Montana. La présidence parle d’une « avancée significative » dans le processus de dialogue. Les consultations se sont poursuivies le lendemain avec des représentants annoncés de l’Accord du 21 décembre, de la Conférence nationale des acteurs, du Consensus national inclusif (CONAI) et du Conseil national de la société civile (CONASOC).

Dans l’après midi de cette dernière journée, le Conseil présidentiel de transition indique avoir également échangé avec des représentants du secteur syndical, du vodou et du Forum des anciens parlementaires.

Des participations contestées

Cependant, plusieurs figures politiques associées aux regroupements cités ont publiquement remis en question leur participation au dialogue. Dans différents médias, Me André Michel et Sorel Jacinthe, présentés comme des ténors de l’Accord du 21 décembre, ont déclaré avoir décliné l’invitation du CPT. Ils estiment que le Conseil présidentiel de transition ne dispose pas de la légitimité nécessaire pour conduire ces discussions, arguant qu’il est directement concerné par la question de la gouvernance après le 7 février 2026.

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De son côté, Ted Saint Dic, membre de l’Accord dit de Montana, a également indiqué avoir refusé de prendre part aux consultations. Selon lui, le CPT se trouve en situation de conflit d’intérêts, puisqu’il organise un dialogue portant sur l’avenir institutionnel du pays tout en étant lui même acteur du pouvoir transitoire.

Ces déclarations publiques contrastent avec la communication officielle de la présidence, qui continue de présenter les rencontres comme inclusives et représentatives de la diversité politique et sociale du pays.

Une démarche maintenue malgré le boycott

Malgré ces refus, le Conseil présidentiel de transition maintient sa démarche et affirme vouloir poursuivre les consultations avec d’autres acteurs politiques et sociaux. Dans ses communiqués, la présidence insiste sur la nécessité de renforcer le dialogue et de favoriser un consensus national autour des mécanismes de gouvernance à mettre en place après l’échéance constitutionnelle du 7 février 2026.

Cette initiative intervient dans un contexte marqué par une forte fragmentation de la classe politique, une insécurité persistante et une défiance accrue envers les institutions de transition. Plusieurs partis et organisations de la société civile ont jusqu’ici choisi de ne pas s’associer au processus, dénonçant un dialogue jugé partiel ou orienté.

À moins de trois semaines du 7 février 2026, date symbolique de la fin du mandat du CPT, l’issue de ce dialogue national reste incertaine. La capacité du Conseil présidentiel de transition à rallier un nombre significatif d’acteurs politiques et sociaux demeure limitée, tandis que les contestations sur la légitimité du processus continuent de s’exprimer publiquement.

Dans ce contexte, la question centrale reste posée : ce dialogue permettra t il de dégager un consensus suffisamment large pour encadrer cette dernière tranche de transition, ou accentuera t il les divisions déjà profondes au sein du paysage politique haïtien.

By Ralph Siméon

Ralph SIMÉON- journaliste engagé, animateur et entrepreneur. J'ai fait mes premiers pas à Radio Haïti Inter, média emblématique et référence nationale. En France, j'ai cofondé Haïti Tribune avant de rejoindre le service créole de Radio France Internationale ( RFI). Mon parcours incarne un engament constant en faveur de l'information , du lien social et de la valorisation d' Haïti sur la scène internationale.

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