Vers un nouveau cadre de gouvernance transitionnelle après le 7 février 2026
La communauté internationale, à travers la CARICOM, a reçu plusieurs propositions de sortie de crise soumises par des acteurs engagés dans les négociations politiques haïtiennes. Ces contributions portent sur la mise en place d’un nouveau cadre de gouvernance transitionnelle à l’approche de la fin du mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), prévue pour le 7 février 2026.
Selon les informations obtenues par « ALTERNANCE MÉDIA « , une douzaine d’acteurs — issus des milieux politiques, du secteur privé et de la société civile — sont invités à prendre part à une série d’échanges formels qui débutent ce vendredi 30 janvier. L’objectif : dégager une formule institutionnelle crédible, limitée dans le temps et capable de conduire le pays vers un minimum de stabilité, de sécurité et d’organisation électorale.
Rappel : la CARICOM au cœur de l’architecture de la transition actuelle
La CARICOM avait déjà joué un rôle déterminant dans la séquence politique précédente. C’est sous son impulsion diplomatique qu’avaient été négociés le départ de l’ancien Premier ministre Ariel Henry et la mise en place du Conseil Présidentiel de Transition, conçu comme mécanisme provisoire de pilotage de l’État.
À l’approche de la fin du mandat du CPT, les partenaires régionaux veulent éviter un nouveau vide institutionnel et tentent d’anticiper la prochaine formule de gouvernance.
Les modèles de Présidence proposés
Parmi les propositions reçues figurent plusieurs architectures possibles de l’Exécutif :
Une présidence bicéphale avec un président autonome — possiblement issu de la Cour de cassation — et un chef de gouvernement Un collège présidentiel restreint Un président autonome unique L’application d’un schéma avec Premier ministre désigné conformément à l’article 149 de la Constitution
Ces options visent à renforcer la neutralité institutionnelle et la légitimité juridique de la transition.
Le profil recherché pour le Premier ministre
Un consensus se dégage dans les propositions sur le profil du chef de gouvernement :
Choisi par l’autorité présidentielle après consultations Personnalité d’intégrité reconnue Technocrate plutôt que figure partisane Expérience administrative avérée Capacité de leadership et de coordination
Un gouvernement de technocrates
Les textes transmis privilégient la formation d’un gouvernement :
Majoritairement technocratique Sans appartenance politique déclarée Composé de professionnels sectoriels Sélectionné sur des critères de compétence et de probité
Un organe indépendant de surveillance
Autre proposition centrale : la création d’un organe de surveillance de la transition, chargé de contrôler :
La régularité administrative et financière Les procédures de marchés publics Les mécanismes anticorruption La qualité de la gouvernance
Sa composition inclurait :
Des représentants d’institutions publiques de contrôle Des membres de la société civile Des représentants du secteur privé Des personnalités de la diaspora reconnues pour leur intégrité
Une feuille de route en trois priorités
Les contributions convergent autour de trois axes majeurs :
Sécurité publique Élections libres et équitables Relance humanitaire et sociale
Une durée limitée : un an de transition
La formule discutée prévoirait :
Une transition d’un an Une échéance fixée au 7 février 2027 Un mandat strictement borné pour éviter tout prolongement indéfini
Ces échanges pilotés par la CARICOM marquent une nouvelle phase de consultations structurées. Reste à savoir si cette démarche aboutira à un consensus suffisamment large pour être opérationnel dans un contexte politique et sécuritaire toujours instable.