Au 1er février 2026, le taux de change officiel publié par la Banque de la République d’Haïti (BRH) s’établit à 130,69 gourdes pour un dollar américain. À première vue, les chiffres traduisent une certaine stabilité : une variation journalière marginale (+0,02 %) et une évolution annuelle contenue (+0,34 %). Mais derrière cette apparente maîtrise se cache une réalité plus contrastée.
Du côté des banques commerciales, le dollar se vend jusqu’à 132 gourdes, avec un spread relativement modéré. Cela témoigne d’un effort de discipline dans le circuit formel, encadré par la régulation monétaire et la disponibilité officielle des devises. Toutefois, ces taux restent souvent inaccessibles à une large frange de la population, notamment les petits commerçants et les ménages dépendants du cash.
C’est sur le marché informel, véritable baromètre de la confiance économique, que la tension se révèle pleinement. Le dollar y grimpe jusqu’à 136 gourdes, avec un écart de 5 gourdes, nettement supérieur à celui observé dans le secteur bancaire. Cet écart illustre une demande soutenue de devises, alimentée par l’insécurité, la faiblesse de la production nationale et l’anticipation d’une dépréciation future de la gourde.
👉 En clair, la stabilité affichée par la BRH ne suffit pas à rassurer le marché réel. Tant que la confiance économique ne sera pas restaurée — par la sécurité, la gouvernance et la relance de l’activité — le marché informel continuera d’imposer sa loi.