Port-au-Prince, Alternance Média — Le Dialogue interhaïtien lancé à l’hôtel Montana par une partie du Conseil présidentiel de transition (CPT) subit un revers décisif. Les alliés de l’ancien Premier ministre Ariel Henry ont officiellement boycotté les assises, affaiblissant considérablement une initiative déjà contestée pour son caractère partiel et tardif.
À l’issue d’une réunion tenue samedi soir, les principaux partis signataires de l’accord du 21 décembre — SDP, INITE, FUSION, INIFOS, FANM ANGAJE et LAVNI — ont décidé de ne pas répondre à l’invitation à participer aux travaux de suivi du Dialogue interhaïtien, placés sous la direction de Leslie Voltaire et Edgar Leblanc Fils.
Ce refus collectif s’ajoute à l’absence du Groupe des 10, conduit notamment par Liné Balthazar et Pasha Vorbe, renforçant l’isolement politique de l’initiative. Pour de nombreux observateurs, le boycott des alliés de l’ancien Premier ministre Ariel Henry a définitivement scellé le sort d’un dialogue perçu comme une tentative avortée des conseillers présidentiels, accusés d’avoir voulu remettre en cause la position du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.

Dans une déclaration publiée sur le réseau social X, André Michel a été sans équivoque :
« Nous ne participerons pas aux assises de l’hôtel Montana sous la direction de Leslie Voltaire et Edgar Leblanc. Cette initiative aurait pu être un succès patriotique si elle avait été portée par l’ensemble du CPT et initiée plus tôt. »
Même parmi les rares participants, le constat est sévère. Moïse Jean-Charles, seule figure politique d’importance présente lors de la première journée, aurait reconnu en privé qu’il s’agissait d’un véritable fiasco, lors d’un échange avec des dirigeants de son parti, Pitit Dessalines.
Avec ce boycott massif, le Conseil présidentiel de transition peut d’ores et déjà dire adieu au pouvoir qu’il prétend exercer. Privé de légitimité politique, isolé de ses principaux alliés et incapable de fédérer autour d’un dialogue crédible, le CPT sort considérablement affaibli de l’épisode de Montana. Ce revers scelle également la fin du bras de fer engagé avec le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé : le rapport de force a tourné, et le CPT en sort perdant.