Port-au-Prince, Haïti – Quarante ans après le départ de Jean-Claude Duvalier, la date du 7 février 2026 résonne comme un moment de bilan et de remise en question pour la nation haïtienne. Dans une déclaration rendue publique, le Parti National pour le Développement et le Redressement d’Haïti (PNDRH) et ses Alliés – Bloc des Non-Alignés dressent un constat sévère des quarante dernières années de gouvernance et appellent à une rupture profonde avec les pratiques politiques du passé.
Selon cette prise de position, la chute du régime duvaliériste en 1986 avait nourri l’espoir d’un État démocratique, stable et engagé sur la voie du développement durable. Toutefois, l’absence de vision stratégique, la faiblesse du leadership politique et l’exclusion de larges secteurs de la société auraient progressivement conduit le pays vers une spirale de sous-développement, d’instabilité chronique et de désillusion collective, frappant particulièrement la jeunesse.
Une transition jugée insuffisante
Le PNDRH et le Bloc des Non-Alignés rappellent que le 7 février 2026 marque également la fin de l’accord politique du 3 avril 2024, à l’origine du Conseil Présidentiel de Transition (CPT). Pour ces structures politiques, cette expérience n’a pas répondu aux attentes légitimes de la population. Le document évoque une gouvernance sans cap clair, affaiblie par des scandales à répétition et incapable de restaurer la confiance nationale.
À l’expiration du mandat du CPT, Haïti entre, selon le Bloc des Non-Alignés, dans une nouvelle phase de transition qui doit impérativement s’inscrire dans une rupture totale avec les méthodes de gouvernance antérieures. Le PNDRH plaide ainsi pour une ouverture réelle de la gestion de l’État aux forces patriotiques émergentes, longtemps écartées des centres de décision.
Appel à une gouvernance fondée sur la compétence
Dans leur analyse, le PNDRH et ses alliés réaffirment leur position en faveur d’un exécutif — bicéphale ou monocéphale selon les circonstances — placé sous un leadership responsable, compétent et intègre, avec l’accompagnement des partenaires internationaux. Ils estiment que seule une gouvernance fondée sur la compétence, l’intégrité morale et le patriotisme peut remettre Haïti sur la voie de la stabilité.
Dans ce contexte, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé est directement interpellé. Tout en reconnaissant l’ampleur des défis auxquels il fait face, le PNDRH et le Bloc des Non-Alignés l’exhortent à initier sans délai un dialogue national inclusif, susceptible d’aboutir à un accord politique minimal pour guider le pays vers une stabilité durable.
Soutien international et appel à la vigilance
Le PNDRH et le Bloc des Non-Alignés saluent par ailleurs l’accompagnement de plusieurs acteurs internationaux, notamment la CARICOM, l’OEA, l’OIF, ainsi que les ambassades des États-Unis, de la France et du Canada, pour leurs efforts de facilitation en vue d’un dénouement pacifique de la crise.
Malgré ces appuis, le constat reste préoccupant. « La Patrie demeure en péril », avertissent les signataires, qui appellent la population au calme, à la vigilance et à la sérénité afin d’éviter toute provocation dans un contexte national particulièrement fragile.
La presse et l’horizon électoral
Un message particulier est adressé aux médias et aux analystes socio-politiques, invités à faire preuve de rigueur et de responsabilité. Selon le PNDRH et le Bloc des Non-Alignés, toute interprétation erronée pourrait contribuer à aggraver la crise actuelle.
Enfin, le 7 février 2026 est présenté comme un nouveau départ possible, à condition que la discipline collective, l’intelligence nationale et le sens des responsabilités prévalent jusqu’à l’organisation d’élections crédibles, considérées comme la seule garantie d’une paix durable et d’une stabilité institutionnelle en Haïti.