SANTA CLARA — La soirée du 8 février 2026 restera dans les mémoires non seulement pour la victoire des Seattle Seahawks face aux New England Patriots (29-13), mais aussi pour l’onde de choc politique déclenchée par la prestation de Bad Bunny lors du spectacle de mi-temps du Super Bowl LX au Levi’s Stadium en Californie.
Alors que des millions de téléspectateurs à travers le monde se sont tournés vers le football américain, le show du chanteur portoricain est devenu un moment de débat national sur l’identité américaine, l’immigration et l’unité culturelle — thèmes qui ont profondément divisé l’opinion publique aux États-Unis.
Un message d’unité au cœur de la controverse
Bad Bunny a conçu sa prestation comme une célébration vibrante de la culture latino-américaine, chantant exclusivement en espagnol et intégrant des éléments symboliques forts. À la fin du spectacle, il a tenu un ballon de football sur lequel était inscrit « Together we are America » (« Ensemble nous sommes l’Amérique »), alors que l’écran géant affichait le message « The only thing more powerful than hate is love » (« La seule chose plus puissante que la haine est l’amour »).
Ce geste, perçu par beaucoup comme un appel implicite à l’inclusion et à la reconnaissance des communautés immigrées aux États-Unis, fait écho à des positions antérieures de l’artiste. Lors des Grammy Awards quelques jours plus tôt, Bad Bunny avait publiquement dénoncé les pratiques de la police fédérale américaine de l’immigration (ICE), lançant le slogan « ICE dehors » et affirmant : « Nous ne sommes ni des sauvages, ni des animaux, ni des étrangers ; nous sommes humains et nous sommes Américains. »
Trump et la droite conservatrice en réaction
La réponse du monde politique n’a pas tardé. L’actuel président américain Donald Trump a vivement critiqué la prestation sur sa plateforme Truth Social, la qualifiant d’« affront à la grandeur de l’Amérique », d’« affreux » et de l’un des pires spectacles de mi-temps de l’histoire.
Trump n’a pas assisté à l’événement et avait déjà exprimé son oppositon à la sélection de Bad Bunny en octobre dernier, qualifiant ce choix de « ridicule » et critiquant l’artiste pour chanter principalement en espagnol et pour ses positions politiques jugées « divisives » par une partie de sa base politique.
Outre Trump, plusieurs personnalités et commentateurs conservateurs ont dénoncé l’usage perçu de la mi-temps comme plateforme politique indirecte pour promouvoir une vision immigrationniste de l’Amérique, allant jusqu’à organiser des événements parallèles célébrant des valeurs dites « traditionnelles ».
Dans un pays déjà profondément divisé sur la question migratoire, du contrôle des frontières à la régularisation des sans-papiers, la performance de Bad Bunny a cristallisé des débats qui dépassent le cadre du sport et de la musique. Elle pose une question plus large : quelle place occupent aujourd’hui l’identité et l’immigration dans l’imaginaire collectif américain ?