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Quand la plume tremble devant la vérité et que le micro s’égare

On peut tout écrire, mais on ne peut pas tout prouver. On peut faire du bruit, mais on ne peut pas fabriquer la vérité. L’article visant André Michel ne relève pas d’une analyse rigoureuse : il ressemble davantage à une construction polémique, où l’insinuation remplace la démonstration, et où le soupçon tient lieu de preuve. Ce n’est pas un procès fondé sur des faits, mais un tribunal d’opinion, où la rumeur se fait juge, la suspicion devient argument, et la répétition tente de se substituer à la réalité, relève, dans son éditorial, Willy DESULMA, directeur adjoint « ALTERNANCE MÉDIA « 

Depuis quand la citoyenneté est-elle devenue un crime ? Depuis quand un avocat qui s’engage dans le débat public devient-il automatiquement suspect ?

André Michel est un avocat. Un professionnel du droit qui a exercé pendant plus d’une décennie au Barreau de Port-au-Prince. Bien avant toute implication politique, il vivait de son métier. Il plaidait, il travaillait, il construisait sa carrière dans le respect de sa profession. Il n’est ni un produit du pouvoir, ni un bénéficiaire de fonds publics. Il n’a jamais été ministre, ni sénateur, ni député, ni président. Il n’a jamais été ordonnateur de dépenses publiques. Il n’a jamais été gestionnaire des ressources de l’État.

Alors la question est simple, et elle mérite une réponse claire : sur quelles bases l’accuse-t-on ?

Où sont les dossiers judiciaires ? Où sont les décisions de justice ? Où sont les preuves matérielles ? Accuser sans preuve, c’est écrire avec de l’encre de brouillard : cela salit les réputations, mais cela n’éclaire rien.

On tente de transformer des éléments ordinaires de la vie — voyager, travailler, posséder des biens — en indices de culpabilité. Comme si la réussite était devenue suspecte. Comme si l’indépendance professionnelle était devenue une faute. Comme si la dignité était devenue une accusation.

Mais une société qui commence à condamner sans preuve cesse d’être une société de justice. Elle devient un espace de règlement de comptes, où l’opinion remplace le droit, et où le vacarme remplace la vérité.

Et pendant que l’on interroge le parcours d’un avocat qui a exercé sa profession, que dit-on de ceux qui accusent ? Que dit-on de ceux qui parlent au nom de la morale publique, mais dont le confort matériel n’a jamais suscité la même curiosité inquisitrice ? La cohérence est la première condition de la crédibilité. On ne peut pas faire de la réussite un crime chez les autres, tout en la considérant comme légitime pour soi.

La vérité est souvent plus simple que les récits qu’on fabrique pour l’étouffer. On cherche à faire d’André Michel le symbole des dérives d’un système dont il n’a jamais été gestionnaire. On projette sur lui les fautes d’un État qu’il n’a jamais dirigé. On construit une image pour éviter de répondre aux vraies questions, pour éviter de nommer les vrais responsables, pour éviter d’affronter les vérités qui dérangent.

C’est une stratégie ancienne : détourner l’attention pour mieux préserver les silences. Faire du bruit pour éviter les faits. Accuser pour ne pas démontrer.

Mais le vacarme a toujours une limite.

Car au bout du bruit, il ne reste que la vérité.

Elle ne se fabrique pas dans les studios. Elle ne s’écrit pas sous la pression des intérêts. Elle ne se construit pas sur des insinuations. Elle repose sur des faits, sur des preuves, sur la réalité.

On peut salir un homme. On peut tenter d’affaiblir sa parole. On peut influencer l’opinion un moment. Mais on ne peut pas mentir au temps. Le temps révèle tout. Il expose les manipulations, il démonte les constructions fragiles, et il restaure ce que le vacarme avait tenté de détruire.

L’histoire ne retient pas ceux qui criaient le plus fort.

Elle retient ceux qui disaient vrai.

Le vacarme passe.

La vérité, elle, reste.

By Willy DESULMA

Willy DÉSULMA, Normalien diplômé de l’École Normale Supérieure et économiste formé à la Faculté de Droit et des Sciences Économiques de l’Université d’État d’Haïti, est journaliste et responsable de l’information à Alternance Média TV. Passionné par la diffusion d’une information claire et fiable, il s’engage à informer avec rigueur et professionnalisme. Expert en analyse économique et éducation, il combine savoir et expertise pour éclairer l’actualité et contribuer au débat public.

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