CHRONIQUE
Dans un contexte marqué par une crise sécuritaire persistante et des incertitudes autour du calendrier électoral, le pacte national porté par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé est présenté, par ses signataires, comme une tentative de stabilisation politique et institutionnelle. Pourtant, sur le terrain, les attentes demeurent fortes et les résultats peinent encore à se matérialiser.
En effet, ce pacte, conçu comme un cadre de concertation et de gouvernance, se heurte à une réalité complexe, marquée l’insécurité, les vulnérabilités sociales et des défis humanitaires persistants, observé dans sa chronique Elucson Jean Baptiste, Enseignant, sondeur et chroniqueur à « ALTERNANCE MÉDIA «
Une crise sécuritaire toujours préoccupante
Dans plusieurs régions du pays, la situation sécuritaire reste fragile. Les épisodes de violence, les cas de kidnapping et les agressions contre les femmes continuent d’alimenter un climat d’inquiétude au sein de la population.
« On ne sait plus à quel moment on peut sortir sans danger. La peur est devenue une routine », confie un habitant de la région métropolitaine, sous couvert d’anonymat. De plus, d’autres citoyens évoquent une situation d’enlisement : « Chaque jour, on entend les mêmes promesses, mais sur le terrain, rien ne change vraiment », déplorent des commerçantes de Port-au-Prince.
Un climat social fragilisé par des événements récents
Au-delà de l’insécurité, le pays a été marqué par plusieurs événements récents, notamment le drame survenu à la Citadelle Laferrière le samedi 11 avril 2026, ainsi que les inondations ayant touché différentes communes du pays.
En outre, ces événements, combinés à la précarité sociale, renforcent le sentiment de vulnérabilité au de la population. « On a l’impression que tout s’ajoute : la violence, les catastrophes, et l’incertitude du lendemain », témoignent quelques habitants du département du Nord.
Un processus électoral toujours incertain
Dans ce contexte, la question électorale reste en suspens. Le gouvernement du Premier Ministre, Fils-Aimé peine, à ce stade, à concilier le calendrier électoral en cours avec le Pacte National, en raison de certaines zones d’ombre.
En conséquence, les conditions nécessaires à l’organisation d’un scrutin crédible ne semblent pas encore réunies, selon plusieurs observateurs, notamment en raison de la situation sécuritaire et de l’absence de consensus politique durable et élargi.
Le pacte porté par le gouvernement est ainsi perçu comme une tentative de créer les bases d’un dialogue national, mais ses effets concrets restent limités à ce stade. Cette situation pourrait conduire le pays à une autre phase de transition après le 7 février 2027.
Entre attentes politiques et fatigue citoyenne
Face à cette situation, certains citoyens de la population expriment à la fois de la frustration et un appel à l’action collective : « Chers compatriotes, pourquoi ne pas nous mobiliser pour sauver le pays ? Nous pouvons commencer par nous organiser, même sur les réseaux sociaux », proposent des militants engagés.
En revanche, d’autres appellent à une action plus structurée et institutionnelle : « Il faut dépasser les discours. Le pays a besoin de décisions concrètes et d’une vraie coordination », estiment des acteurs de la société civile.
Un pacte à l’épreuve du reel
En définitive, le pacte d’Alix Didier Fils-Aimé apparaît comme une initiative politique confrontée à des défis structurels profonds : insécurité persistante, fragilité institutionnelle et attentes sociales élevées.
Ainsi, si l’ambition affichée est celle de la stabilisation et de la relance du processus électoral. Cependant, sa mise en œuvre reste étroitement liée à l’évolution de la situation sécuritaire. Elle dépend aussi de la capacité des acteurs à construire un consensus durable.
Dans le cas contraire, le pays pourrait s’inscrire dans une nouvelle phase d’incertitude institutionnelle. Cette situation appellerait alors un sursaut collectif des acteurs politiques et de la société.