Avec notre correspondante sur place, Mirlaine Joseph

La commune de Gros-Morne est de nouveau endeuillée. Environ dix personnes ont été tuées à Dosni, dans la 6e section communale, lors d’une attaque attribuée au gang Kokorat San Ras, selon les informations recueillies par Alternance Média auprès de sa journaliste locale Mirlaine Joseph. Le massacre intervient après le passage dans la zone de la Force de répression des gangs (FRG), dont l’intervention est vivement critiquée par des habitants.

À peine la Force de répression des gangs passée, Gros-Morne compte ses morts.

Des hommes armés appartenant présumément au gang Kokorat San Ras ont lancé une attaque meurtrière contre la population de Dosni, dans la 6e section communale de Gros-Morne. Environ dix personnes ont été tuées, selon les premières informations transmises à Alternance Média par sa journaliste locale, Mirlaine Joseph.

Le bilan demeure provisoire. Dans la zone, la peur domine tandis que plusieurs familles pleurent leurs proches et que des habitants redoutent de nouvelles attaques.

Une intervention de la FRG vivement critiquée

Quelques heures auparavant, la présence de la Force de répression des gangs (FRG) avait pourtant suscité l’espoir parmi une partie de la population.

Plusieurs blindés avaient été déployés dans la commune afin d’évaluer la situation sécuritaire. Mais, selon des témoignages recueillis sur place, aucune opération visant à déloger les membres de Kokorat San Ras de leur fief n’aurait été engagée.

Des riverains dénoncent désormais une intervention sans résultat visible. Selon eux, le départ ou le retrait des forces aurait laissé la population exposée à la réaction des hommes armés.

Des habitants présentent ainsi l’attaque de Dosni comme des représailles après le passage de la FRG. À ce stade, Alternance Média n’a toutefois pas pu établir indépendamment que l’attaque a été directement déclenchée par ce déploiement.

Gros-Morne sous la menace de Kokorat San Ras

La situation sécuritaire était déjà particulièrement préoccupante dans la commune. Kokorat San Ras dispose d’un fief dans une section communale et exerce son influence sur plusieurs axes de la région.

Le récent enlèvement de Me Calerbe Jean-Baptiste, de la directrice de l’ONAPE et de deux autres personnes avait encore renforcé l’inquiétude. Selon les dernières informations disponibles auprès de notre rédaction, les victimes restent entre les mains de leurs ravisseurs.

Le massacre rapporté à Dosni illustre désormais l’extrême vulnérabilité des populations vivant dans les zones où les groupes armés sont implantés.

La stratégie sécuritaire de nouveau sous pression

Cette nouvelle tuerie place également le gouvernement de Didier Fils-Aimé face aux limites de sa stratégie sécuritaire. Malgré le déploiement de forces nationales et internationales et les opérations annoncées dans plusieurs régions, les groupes armés continuent de démontrer leur capacité à frapper des populations civiles.

À Gros-Morne, les habitants demandent désormais davantage qu’une présence ponctuelle de blindés : ils réclament des opérations capables de réduire durablement la capacité d’action des groupes armés et, surtout, des mesures de protection pour les populations susceptibles de subir des représailles.

Le massacre intervient enfin à un moment crucial pour la FRG, alors que le Conseil de sécurité des Nations unies doit examiner le renouvellement de son mandat.

À Gros-Morne, le bilan est sanglant : dix morts et une population toujours livrée à la peur. Pour les détracteurs du pouvoir, l’échec sécuritaire est désormais tel que Didier Fils-Aimé devrait quitter la Primature.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *