Figure centrale du capitalisme haïtien pendant plusieurs décennies, fondateur du GB Group et homme d’affaires à l’influence considérable, Gilbert Bigio est mort mardi 29 septembre 2026 en Floride, à l’âge de 91 ans. Derrière l’empire industriel et commercial, son nom reste associé aux réseaux offshore révélés par les Pandora Papers et aux sanctions canadiennes prises contre lui en 2022.

Port-au-Prince, 29 septembre 2026 — Alternance Média

Gilbert Bigio, l’un des hommes d’affaires les plus puissants d’Haïti, est décédé mardi en Floride, aux États-Unis. Il avait 91 ans. Ses funérailles sont annoncées pour le 1er octobre à Hollywood, en Floride.

À la tête d’un vaste empire familial, Gilbert Bigio a notamment développé Aciérie d’Haïti, entreprise lancée en 1972, avant de bâtir autour du GB Group un conglomérat présent dans plusieurs secteurs stratégiques de l’économie haïtienne.

Mais son parcours reste également marqué par les controverses. Son nom apparaît dans les Pandora Papers, l’enquête internationale sur les structures financières offshore coordonnée par l’International Consortium of Investigative Journalists (ICIJ). La base de données de l’ICIJ le rattache notamment à des sociétés constituées dans les Îles Vierges britanniques. L’existence de telles structures ne constitue toutefois pas, à elle seule, la preuve d’une activité illégale.

En décembre 2022, le Canada avait sanctionné Gilbert Bigio, aux côtés de Reynold Deeb et Sherif Abdallah. Ottawa affirmait avoir des raisons de croire que ces membres de l’élite économique haïtienne utilisaient leur position pour « protéger et permettre » les activités illégales de gangs armés, notamment par le blanchiment d’argent et d’autres actes de corruption. Ces sanctions administratives ne constituent pas une condamnation pénale.

Son influence sur la vie politique haïtienne a également alimenté de nombreuses accusations au fil des années, notamment concernant le financement de responsables et de candidats corrompus.

Avec la disparition de Gilbert Bigio s’éteint l’une des figures les plus influentes et controversées du monde des affaires haïtien. Il laisse derrière lui un puissant empire économique, mais aussi les interrogations qui ont accompagné pendant des décennies les rapports entre grandes fortunes, pouvoir politique et crise institutionnelle en Haïti.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *