Alors que le ministère de l’Éducation nationale poursuit les nominations d’enseignants et renoue avec les engagements envers les diplômés de l’École normale supérieure, la mobilisation du 4 novembre prend une tournure politique. Deux responsables sont accusés de vouloir exploiter cette contestation pour provoquer le départ du Dr Vijonet Déméro.
Des pneus incendiés, les abords du ministère perturbés et des accusations d’ingérence politique : la mobilisation du mercredi 4 novembre a ravivé les tensions au ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP).
Selon notre journaliste Shoudely Silait, un petit groupe de syndicalistes et d’anciens étudiants de l’École normale supérieure (ENS) s’est rassemblé devant les locaux de l’institution. Cette contestation intervient tandis que l’administration de Vijonet Déméro poursuit plusieurs démarches concernant les enseignants contractuels et l’insertion professionnelle des diplômés.
Plus de 2 200 lettres de nomination signées
Après plusieurs milliers de nominations réalisées, un nouveau lot de plus de 2 200 lettres aurait déjà reçu la signature du titulaire du MENFP. Parmi elles, environ 400 auraient également été signées par le Premier ministre. La signature des autres pourrait intervenir avant la fin du mois de novembre.
Pour les enseignants concernés, ces procédures représentent la perspective d’une régularisation longtemps attendue. Elles constituent aussi un engagement administratif dont l’aboutissement doit permettre de sécuriser leur situation professionnelle.
Le volume des dossiers engagés témoigne de l’attention accordée à cette question par le ministre, même si leur finalisation reste tributaire des différentes étapes du circuit administratif.
L’accord avec l’ENS remis en vigueur
Le dossier de l’École normale supérieure figure également parmi les premières mesures prises par le professeur Déméro. Celui-ci aurait annulé la circulaire de son prédécesseur, Antoine Augustin, qui avait remis en cause l’accord entre le ministère et l’établissement concernant les stages et les nominations des diplômés à l’issue de leurs études.
Cette décision répond à une préoccupation centrale des normaliens : disposer de perspectives professionnelles dans l’enseignement public après leur formation. Elle réaffirme également la place de l’ENS dans la préparation des enseignants dont le système éducatif a besoin.
Le rétablissement de cet accord constitue ainsi un geste favorable aux étudiants et aux anciennes promotions, dont les attentes portent désormais sur son application.
Un blocus au rythme de la musique politicienne
La contestation s’accompagne néanmoins d’accusations visant deux responsables issus de formations politiques différentes. Ceux-ci chercheraient à fragiliser Vijonet Déméro pour obtenir le contrôle du ministère à la faveur d’un remaniement.
Dans cette bataille, une minorité de militants syndicaux et d’anciens étudiants est accusée de servir de relais à des ambitions personnelles. Le blocus se ferait ainsi au rythme de la musique politicienne, avec des participants qui agiraient « en service commandé ».
Ces accusations placent les rivalités pour la direction du MENFP au cœur de la controverse.
Des démarches qui témoignent d’une volonté d’agir
Les nominations engagées et le rétablissement de l’accord avec l’ENS témoignent de la volonté du Dr Vijonet Déméro d’apporter des réponses concrètes aux enseignants et aux diplômés. Ces avancées rendent difficile à comprendre une stratégie de blocage qui perturbe précisément l’administration chargée de faire aboutir leurs dossiers.
Si les accusations de téléguidage politique se confirment, cette mobilisation apparaîtra comme un moyen de servir des ambitions personnelles au détriment des intérêts qu’elle prétend défendre.