La dĂ©lĂ©gation iranienne conduite par Mohammad Bagher Ghalibaf est arrivĂ©e, dans la nuit du vendredi 10 au samedi 11 avril, Ă  Islamabad, oĂč doivent s’ouvrir des nĂ©gociations avec les États-Unis. Ces discussions interviennent dans un contexte de fortes tensions rĂ©gionales, alors que les deux pays cherchent les voies d’un possible apaisement.

PrĂ©sident du Parlement iranien depuis 2020, M. Ghalibaf s’impose comme l’une des figures centrales du pouvoir Ă  TĂ©hĂ©ran. Son rĂŽle Ă  la tĂȘte de cette dĂ©lĂ©gation illustre Ă  la fois son poids politique et l’évolution des Ă©quilibres internes au sein du rĂ©gime.

La dĂ©lĂ©gation comprend Ă©galement le ministre des affaires Ă©trangĂšres, Abbas Araghtchi, le secrĂ©taire du Conseil de dĂ©fense, Ali Akbar Ahmadian, ainsi que le gouverneur de la Banque centrale, Abdolnaser Hemmati. La prĂ©sence de ces responsables souligne l’ampleur des enjeux, Ă  la fois sĂ©curitaires et Ă©conomiques.

Quelques heures avant le dĂ©part, M. Ghalibaf avait exprimĂ© publiquement les attentes de TĂ©hĂ©ran. Dans un message adressĂ© aux autoritĂ©s amĂ©ricaines, il a indiquĂ© que deux points restaient en suspens : l’instauration d’un cessez-le-feu au Liban et le dĂ©blocage d’avoirs iraniens gelĂ©s, estimĂ©s Ă  prĂšs de 10 milliards de dollars. Selon lui, ces Ă©lĂ©ments doivent ĂȘtre rĂ©glĂ©s avant l’ouverture formelle des nĂ©gociations.

Une figure issue des Gardiens de la révolution

Ancien commandant du Corps des gardiens de la rĂ©volution islamique, M. Ghalibaf a construit l’essentiel de sa carriĂšre au sein des structures sĂ©curitaires de la RĂ©publique islamique. Il a notamment dirigĂ© la police nationale avant de devenir maire de TĂ©hĂ©ran, fonction qu’il a occupĂ©e pendant plus d’une dĂ©cennie.

Ce parcours, marquĂ© par une forte proximitĂ© avec les cercles militaires, distingue M. Ghalibaf des profils diplomatiques plus traditionnels. Sa nomination Ă  la tĂȘte de la dĂ©lĂ©gation traduit une volontĂ© des autoritĂ©s iraniennes de confier ces nĂ©gociations Ă  une figure jugĂ©e Ă  la fois expĂ©rimentĂ©e et loyale.

Des négociations dans un contexte de recomposition interne

La place accordĂ©e Ă  M. Ghalibaf dans ce processus s’inscrit dans une recomposition plus large du pouvoir iranien. Ces derniĂšres annĂ©es, les responsables issus des Gardiens de la rĂ©volution ont vu leur influence se renforcer, au dĂ©triment relatif des courants rĂ©formateurs ou modĂ©rĂ©s.

Dans ce contexte, les négociations avec Washington apparaissent non seulement comme un enjeu de politique étrangÚre, mais aussi comme un instrument de consolidation interne. Elles pourraient contribuer à redéfinir les rapports de force au sein du régime.

Des perspectives incertaines

L’issue des discussions engagĂ©es Ă  Islamabad demeure incertaine. Si certains observateurs Ă©voquent la possibilitĂ© d’une dĂ©sescalade progressive, d’autres soulignent la persistance de divergences profondes entre les deux parties.

La question des sanctions Ă©conomiques, celle de l’influence rĂ©gionale de l’Iran, ainsi que les enjeux sĂ©curitaires au Liban et ailleurs, constituent autant de points de friction susceptibles de compliquer les nĂ©gociations.

Dans ce contexte, le rĂŽle de Mohammad Bagher Ghalibaf pourrait s’avĂ©rer dĂ©terminant. À la croisĂ©e des sphĂšres politique et sĂ©curitaire, il incarne une ligne de fermetĂ© qui pourrait peser sur la conduite des discussions.

By Tanes DESULMA

Tanes DESULMA, RĂ©dacteur en chef d’Alternance-Media, je suis diplĂŽmĂ© en journalisme de l’ICORP et en droit public de l’École de Droit de La Sorbonne. PassionnĂ© par l’information et la justice, je m’efforce de proposer un journalisme rigoureux et engagĂ©.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *