La récente vague de licenciements au Bureau de monétisation des programmes d’aide au développement (BMPAD) suscite une vive controverse. Officiellement présentée comme une mesure de rationalisation budgétaire, cette décision apparaît, en réalité, comme une opération de purge politique orchestrée au sommet de l’institution.
Le 9 avril 2026, pas moins de 100 personnes — dont 65 employés et 35 contractuels — ont été brutalement remerciées. Une décision justifiée par la direction générale au nom d’une prétendue crise financière et des exigences du ministère de l’Économie et des Finances. Pourtant, derrière cet argumentaire technocratique se cache une tout autre réalité.
À la tête du BMPAD depuis le 15 mars 2026, Stevenson Jacques Thimoléon, ancien député affilié au parti PHTK, est aujourd’hui au cœur des critiques. Moins d’un mois après son installation, sa gestion est déjà dénoncée comme autoritaire et profondément politisée.
Plusieurs sources internes évoquent un climat de terreur et de discrimination politique au sein de l’institution. Selon ces témoignages concordants, les employés jugés “non alignés” ou réticents à afficher leur proximité avec le pouvoir en place — notamment à travers des signes d’allégeance comme le port d’un bracelet rose, symbole associé au PHTK — auraient été systématiquement ciblés.
Cette politique de tri idéologique, menée sans ménagement, s’apparente moins à une réforme administrative qu’à une véritable épuration. Des cadres expérimentés, parfois en poste depuis plusieurs années, ont été écartés sans procédure transparente, ni considération pour leurs compétences ou leur contribution.

Le directeur général tente de justifier ces licenciements en invoquant une redevance dérisoire de 2 centimes par gallon de gaz, insuffisante pour assurer le fonctionnement de l’organisme. Mais cet argument peine à convaincre. Car si la rigueur budgétaire était réellement l’objectif, pourquoi cibler de manière aussi sélective certains profils ?
Plus troublant encore, le refus affiché du directeur de céder aux “pressions politiques” apparaît en totale contradiction avec les pratiques dénoncées en interne. En réalité, loin de résister à ces pressions, la direction semble les avoir institutionnalisées.
Sous couvert de restaurer la crédibilité du BMPAD auprès de partenaires internationaux, dont le Japon, la direction actuelle fragilise davantage une structure déjà affaiblie. Car aucune réforme durable ne peut se construire sur l’exclusion, la peur et la politisation des ressources humaines.
Ce qui se joue aujourd’hui au BMPAD dépasse la simple question budgétaire. Il s’agit d’un signal inquiétant sur la dérive des institutions publiques, où la loyauté politique semble désormais primer sur la compétence et l’intégrité.