Le Parti Politique Mirak Ayiti, PPMA, a publié le 6 février 2026 une note de conjoncture exprimant sa « profonde préoccupation » face à l’évolution de la situation politique nationale, à la date du 7 février. Le parti dénonce ce qu’il qualifie de maladresse politique et le refus de dialogue de certains acteurs, dans un contexte marqué par l’incertitude institutionnelle.
Dans son document, le PPMA rappelle avoir soumis aux acteurs concernés un texte intitulé Cadre de négociation pour une gouvernance transitoire. Cette proposition visait, selon le parti, à favoriser une démarche méthodique et inclusive autour du modèle de gouvernance à adopter, qu’il soit à exécutif monocéphale ou bicéphale. Le parti affirme que cette initiative n’a pas reçu de suite favorable, bien qu’elle ait été conçue comme une base de concertation nationale.

Le PPMA indique avoir envisagé l’option d’un exécutif monocéphale comme issue responsable, en raison de l’impossibilité pour les acteurs politiques de s’accorder sur le profil d’une personnalité appelée à assurer la présidence provisoire au delà du 7 février. Toutefois, le parti note que, le 5 février 2026, ces mêmes acteurs ont adhéré à une orientation proposée dans le cadre des démarches de la CARICOM, orientation qui reprend, selon lui, les grandes lignes de la solution institutionnelle précédemment soumise par le PPMA.
Se référant à la Constitution de 1987 amendée, le PPMA réitère sa position en faveur de l’application de l’article 149, dans son esprit, en cas de vacance du pouvoir exécutif. Cet article prévoit que la direction de l’État soit assurée par le Conseil des ministres, sous la présidence du Premier ministre.
Le parti appelle l’ensemble des acteurs politiques à prendre la mesure de la gravité de la situation et à faciliter la mise en place d’une nouvelle gouvernance après le 7 février. Il suggère une démarche de concertation avec le Premier ministre en vue d’un remaniement ministériel fondé sur des critères de compétence, d’intégrité et de moralité, et inscrit dans un plan stratégique de mise en œuvre des axes de la mission précédemment confiée au Conseil présidentiel de transition, dont il constate l’échec.
Dans les 48 heures, le PPMA invite le chef du gouvernement à prendre plusieurs dispositions. Il recommande l’organisation d’un forum de trois jours réunissant les parties politiques et de la société civile afin de recueillir des propositions pour l’élaboration d’une nouvelle feuille de route. Il propose également l’ouverture de discussions sur la formation d’un gouvernement de consensus national et l’élaboration d’un cadre juridique pour la création d’un Conseil de Contrôle Gouvernemental composé de neuf membres.
Tout en mettant en avant le respect de la souveraineté nationale, dans cette note signé par Me SIMÉON Jean Nerva et Ronald Legros, le PPMA se dit favorable à une coopération avec la communauté internationale, qu’il estime susceptible d’accompagner le pays vers la stabilité, la sécurité et l’organisation d’élections transparentes.