Selon l’avocat et homme politique André Michel, des alliés de Michel Martelly feraient pression sur le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé afin de remplacer six des neuf membres du Conseil électoral provisoire (CEP), une démarche qui pourrait modifier le calendrier électoral et prolonger la transition politique.
Lors d’un entretien accordé à Alternance Média ce dimanche 15 mars 2026, l’avocat et homme politique André Michel, signataire du Pacte national de stabilité, a exprimé de vives préoccupations quant à la situation politique actuelle, notamment en ce qui concerne le processus électoral et la composition du Conseil électoral provisoire (CEP).
Me André Michel affirme ne pas avoir de problème personnel avec le gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Toutefois, il dénonce ce qu’il considère comme une influence importante de l’ancien président Michel Martelly et de ses alliés au sein de l’exécutif.
Selon lui, plusieurs ministères seraient actuellement contrôlés par le PHTK et ses partenaires politiques, ce qui conférerait au gouvernement une dominante politique proche de l’ancien pouvoir.
Pressions pour changer le CEP
La principale inquiétude exprimée par André Michel concerne toutefois la volonté de certains acteurs politiques proches de Michel Martelly de modifier la composition du Conseil électoral provisoire.
Au cours de cet entretien, André Michel a affirmé que des partis politiques influents au sein du gouvernement exerceraient des pressions sur le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé afin de remplacer six des neuf membres du Conseil électoral provisoire (CEP) par de nouveaux représentants.
L’avocat se dit fermement opposé à toute modification de la composition actuelle du Conseil électoral provisoire, estimant qu’un tel changement pourrait compromettre la crédibilité du processus électoral .
Risque de modification du calendrier électoral
Selon André Michel, tout changement au sein du CEP pourrait également entraîner une révision du calendrier électoral, ce qui prolongerait la durée de la transition politique.
Les élections prévues doivent en effet marquer la fin du troisième round de transition politique en Haïti.
D’après le calendrier électoral actuellement en vigueur, le premier tour des élections présidentielles et législatives est fixé au 30 août 2026, tandis que le second tour est prévu pour le 6 décembre 2026. L’ensemble des résultats devrait permettre l’installation des nouvelles autorités élues au début de l’année 2027.
Une transition sans date fixe
Les signataires du Pacte national de stabilité n’avaient pas fixé de date précise pour la fin de la transition. Le document prévoit simplement que l’exécutif issu du Pacte reste en fonction jusqu’à l’installation des élus issus des élections organisées selon le calendrier établi par le CEP.
Cette disposition est précisée à l’article 24 du Pacte, qui stipule :
« Le Pouvoir Exécutif constitué sur la base de ce Pacte reste en fonction jusqu’à l’installation des élus légitimes issus des élections organisées selon le calendrier établi par le CEP. »
Pour André Michel, toute tentative de modifier la composition du CEP pourrait donc ouvrir la voie à un report du calendrier électoral, ce qui prolongerait le maintien au pouvoir du gouvernement de transition.
Appel à la mobilisation
Face à cette situation, l’avocat et homme politique appelle les forces de gauche et les démocrates du pays à se mobiliser afin de faire échec à ce qu’il considère comme une tentative d’influencer le processus électoral.
Selon lui, la crédibilité des prochaines élections et la stabilité politique du pays dépendent du respect du calendrier électoral et du maintien d’un Conseil électoral indépendant.