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L’ancien maire de North Miami, Philippe Bien-Aimé, figure connue de la communauté haïtienne du sud de la Floride, fait l’objet d’une procédure judiciaire fédérale susceptible d’aboutir à la révocation de sa citoyenneté américaine et à son expulsion vers Haïti.

Dans une note rendue publique le 19 février 2026, le United States Department of Justice annonce avoir déposé une plainte civile en dénaturalisation contre l’ancien édile. Les procureurs fédéraux l’accusent d’avoir obtenu frauduleusement la citoyenneté américaine en dissimulant son identité réelle, son historique migratoire et des éléments déterminants lors de sa procédure de naturalisation.

Double identité et décision judiciaire antérieure

Selon les documents judiciaires examinés par NBC 6, les archives du United States Department of Homeland Security, notamment des comparaisons d’empreintes digitales, établiraient que la personne naturalisée sous le nom de Philippe Bien-Aimé serait la même que celle visée par un ordre d’expulsion sous le nom de Philippe Janvier.

La plainte précise que le 31 juillet 2000, un juge de l’immigration aurait conclu que « Janvier » était entré aux États Unis par fraude, en utilisant un passeport dont la photographie avait été modifiée. Il aurait alors été ordonné son renvoi vers Haïti. Toutefois, selon le gouvernement fédéral, aucune preuve ne démontre qu’il ait effectivement quitté le territoire américain après cette décision.

Les autorités soutiennent qu’il aurait ensuite adopté le nom de Philippe Bien-Aimé ainsi qu’une nouvelle date de naissance, avant d’entamer un nouveau parcours administratif aboutissant à sa naturalisation.

Accusations de fraude matrimoniale et de bigamie

Au cœur du dossier figure également un mariage contracté avec une citoyenne américaine, présenté comme fondement de son accès à la résidence permanente. Les procureurs affirment cependant que ce mariage serait entaché de fraude.

Selon la plainte, l’ancien maire était déjà marié à une ressortissante haïtienne au moment de cette union. Le gouvernement fédéral soutient en outre que le certificat de divorce haïtien produit dans le cadre de la procédure aurait été falsifié, rendant le mariage invalide et ouvrant la voie à des accusations de bigamie.

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Les autorités estiment que l’intéressé aurait « volontairement dissimulé son identité et son historique migratoire tout au long du processus de naturalisation », éléments considérés comme matériellement déterminants dans l’octroi de la citoyenneté américaine.

Une trajectoire politique désormais fragilisée

Originaire d’Haïti, Philippe Bien-Aimé avait été élu maire de North Miami en 2019. Il s’était plus récemment porté candidat, sans succès, à la commission du comté de Miami Dade.

Si la justice fédérale venait à révoquer sa citoyenneté, les conséquences pourraient dépasser le seul cadre migratoire. Le code municipal de North Miami exige en effet que tout candidat à une fonction élective soit un électeur qualifié, donc un citoyen américain inscrit sur les listes électorales au moment de sa candidature. Une éventuelle déchéance pourrait ainsi soulever des interrogations juridiques sur son éligibilité passée.

À ce stade, aucune réaction officielle de la municipalité de North Miami n’a été enregistrée.

La défense invoque la voie judiciaire

Contacté par les médias américains, Philippe Bien-Aimé a refusé de commenter. Son avocat, Peterson St. Philippe, a déclaré que la défense était « au courant du dépôt du gouvernement » et qu’elle examinait le dossier. Il a indiqué qu’une réponse serait apportée « par les voies légales appropriées », précisant qu’aucun autre commentaire ne serait fait tant que l’affaire demeure pendante devant les tribunaux.

La procédure engagée par le Département de la Justice est de nature civile. L’ancien maire bénéficie de la présomption d’innocence tant qu’aucune décision judiciaire définitive n’a été rendue.

Sources : Fox News, NBC 6.

By Ralph Siméon

Ralph SIMÉON- journaliste engagé, animateur et entrepreneur. J'ai fait mes premiers pas à Radio Haïti Inter, média emblématique et référence nationale. En France, j'ai cofondé Haïti Tribune avant de rejoindre le service créole de Radio France Internationale ( RFI). Mon parcours incarne un engament constant en faveur de l'information , du lien social et de la valorisation d' Haïti sur la scène internationale.

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