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À l’approche de la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition, l’organisation régionale dénonce la paralysie de l’exécutif haïtien, alerte sur une situation « inacceptable » et appelle les dirigeants à placer l’intérêt national avant leurs querelles de pouvoir.

La Communauté des Caraïbes (CARICOM) a exprimé, ce lundi 27 janvier 2026, sa « vive préoccupation » face aux troubles internes qui secouent l’exécutif haïtien, à un moment jugé critique pour la stabilité du pays et la survie même du processus de transition politique.

Dans une déclaration officielle, l’organisation régionale déplore les conflits qui se produisent « aux plus hauts niveaux de l’État haïtien », alors que la population continue de subir une violence extrême, une insécurité généralisée et des privations qualifiées d’« inimaginables ». Pour la CARICOM, cette situation est tout simplement « inacceptable ».

Un exécutif paralysé à l’approche d’une échéance décisive

La CARICOM rappelle que, conformément au décret fondateur du Conseil présidentiel de transition (CPT) et à l’accord politique du 3 avril 2024, le mandat de cet organe prendra fin le 7 février 2026.

À l’approche de cette date butoir, toute instabilité supplémentaire au sommet de l’État ne fait, selon elle, que compliquer un processus de transition déjà fragile et profondément contesté.

L’organisation pointe directement l’impasse provoquée par les efforts « peu concluants » de certains membres du CPT pour destituer le Premier ministre, une manœuvre qui accentue la paralysie institutionnelle et affaiblit davantage la gouvernance du pays.

« La fragmentation politique ne profite qu’aux gangs »

Pour la CARICOM, la crise actuelle ne fait qu’aggraver une situation sécuritaire déjà catastrophique.

Pendant que les dirigeants se livrent à des luttes de pouvoir, les gangs étendent leur emprise territoriale, la population fuit ses quartiers, et l’État continue de perdre le contrôle de pans entiers du territoire.

« La fragmentation actuelle ne fonctionne qu’au profit des gangs », avertit l’organisation régionale, qui estime urgent de restaurer une cohésion minimale au sommet de l’État.

Un appel au consensus et à la responsabilité nationale

Face à cette dérive, la CARICOM exhorte toutes les parties prenantes haïtiennes à mettre de côté leurs différends et à rechercher un consensus politique minimal, dans l’intérêt supérieur du peuple haïtien.

Elle annonce que son Groupe de personnalités éminentes demeure disponible pour faciliter un accord entre les acteurs politiques haïtiens, alors que plusieurs propositions concurrentes circulent déjà pour l’avenir de la transition.

L’objectif affiché est clair :

mettre fin à la fragmentation politique, rétablir une stabilité durable, restaurer la sécurité, créer les conditions nécessaires à l’organisation d’élections crédibles, et recentrer l’action publique sur la croissance économique et le développement durable.

« L’avenir du peuple haïtien doit primer sur tout »

Dans un appel solennel, la CARICOM invite les dirigeants haïtiens à placer l’avenir de leur peuple et de leur pays avant toute considération partisane ou personnelle.

Elle leur demande d’agir « avec responsabilité, urgence et patriotisme », dans un contexte où chaque jour de paralysie institutionnelle supplémentaire rapproche un peu plus Haïti du point de non-retour.

Alors que le mandat du Conseil présidentiel de transition arrive à expiration dans moins de deux semaines, cette mise en garde de la CARICOM résonne comme un avertissement sévère adressé à une classe politique accusée, une fois de plus, de sacrifier l’intérêt national sur l’autel des calculs de pouvoir.

By Tanes DESULMA

Tanes DESULMA, Rédacteur en chef d’Alternance-Media, je suis diplômé en journalisme de l’ICORP et en droit public de l’École de Droit de La Sorbonne. Passionné par l’information et la justice, je m’efforce de proposer un journalisme rigoureux et engagé.

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