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Port-au-Prince, 28 janvier 2026 — Les États-Unis poursuivent leur offensive diplomatique contre les élites haïtiennes accusées d’alimenter l’instabilité du pays. Le Département d’État américain a annoncé, ce mardi, une nouvelle série de restrictions de visa visant trois hauts responsables haïtiens, dont deux membres du Conseil présidentiel de transition (CPT) et un membre du gouvernement, pour leur implication présumée dans le soutien à des gangs armés, dont certains sont classés comme organisations terroristes étrangères.

Une série de sanctions qui s’inscrit dans la durée

Ces nouvelles mesures ne constituent pas un acte isolé. L’administration américaine avait déjà, par le passé, sanctionné deux conseillers présidentiels haïtiens : Edgard Le Blanc Fils et Louis Gérald Gilles, accusés d’entretenir des liens directs ou indirects avec des réseaux criminels armés.

Ce rappel est lourd de sens :

Washington confirme que les sanctions visent désormais de manière récurrente le sommet de l’appareil politique de transition, et non de simples exécutants ou figures périphériques.

Des responsables de l’État accusés de soutenir des gangs terroristes

Selon le Département d’État, les actions de ces responsables ont permis à des gangs haïtiens de renforcer leur emprise territoriale, économique et militaire, contribuant à la paralysie de l’État et à l’effondrement de la sécurité publique.

Les sanctions sont prises en vertu de l’article 212(a)(3)(C) de l’Immigration and Nationality Act (INA), une disposition qui interdit l’entrée sur le territoire américain à toute personne dont la présence pourrait porter atteinte aux intérêts stratégiques des États-Unis.

Concrètement :

❌ révocation immédiate des visas ; ❌ interdiction d’entrée aux États-Unis ; ❌ extension des mesures aux membres de la famille immédiate.

Un message politique clair à l’adresse du CPT

À travers cette décision, Washington envoie un signal sans équivoque : la transition haïtienne ne bénéficiera d’aucune indulgence diplomatique si elle demeure infiltrée par des acteurs liés aux gangs.

Le fait que des membres du Conseil présidentiel de transition soient une nouvelle fois visés, après Edgard Le Blanc Fils et Louis Gérald Gilles, fragilise davantage une structure déjà contestée pour son manque de transparence et son déficit de légitimité populaire.

Une transition minée de l’intérieur

Depuis plusieurs années, des organisations de la société civile, des médias indépendants et des acteurs de la diaspora dénoncent une connivence systémique entre une frange de la classe politique et les groupes armés, transformant la violence en instrument de pouvoir.

Les sanctions américaines viennent internationaliser ces accusations, jusque-là rarement suivies d’effets au niveau national, faute de volonté politique et d’indépendance judiciaire.

Quelle suite pour Haïti ?

Si l’Administration Trump promet de poursuivre cette politique de sanctions ciblées, une question demeure centrale :

la justice haïtienne osera-t-elle ouvrir des enquêtes crédibles contre des responsables en fonction ?

le Conseil présidentiel de transition peut-il encore prétendre incarner une sortie de crise ?

Pour de nombreux observateurs, une chose est désormais claire : la crise haïtienne est avant tout une crise de gouvernance, où l’État est affaibli par ceux-là mêmes qui sont censés le protéger.

By Tanes DESULMA

Tanes DESULMA, Rédacteur en chef d’Alternance-Media, je suis diplômé en journalisme de l’ICORP et en droit public de l’École de Droit de La Sorbonne. Passionné par l’information et la justice, je m’efforce de proposer un journalisme rigoureux et engagé.

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