ÉDITORIAL –
Ils ont échoué. Ils réclament leur rançon. Ils veulent partir riches.
Ils sont neuf
Neuf conseillers censés sauver une transition.
Neuf responsables politiques qui n’ont ni sécurisé le pays, ni organisé d’élections, ni restauré l’autorité de l’État.
Et aujourd’hui, selon une révélation du RNDDH, ces neuf membres du Conseil présidentiel de transition réclament 600 000 dollars américains chacun pour quitter le pouvoir.
Ce n’est pas une prime.
Ce n’est pas une indemnité.
C’est une rançon politique.
L’échec transformé en business d’État
La transition devait être un sursaut national.
Elle est devenue une opération de prédation organisée.
Après avoir laissé le pays aux mains des gangs, après avoir gouverné sans cap, sans résultats et sans légitimité populaire, les conseillers du CPT veulent monnayer leur départ.
Ils échouent, puis ils facturent.
Ils paralysent l’État, puis ils se servent.
Ils abandonnent le peuple, puis ils exigent d’être payés.
Neuf conseillers, une même logique : se sauver eux-mêmes
Le RNDDH alerte : la revendication ne concerne pas un individu isolé, mais l’ensemble des neuf conseillers.
600 000 dollars chacun, pendant que :
les déplacés internes n’ont rien, les policiers tombent sous les balles, les hôpitaux ferment, les écoles deviennent des refuges de fortune.
Neuf dirigeants, un même mépris.
L’État comme caisse de rançonnage
À cette exigence s’ajoutent :
des indemnités massives pour les hauts fonctionnaires, des véhicules exonérés de taxes, des agents de sécurité pris en charge par l’État, des structures permanentes financées à vie.
Pendant que la République s’effondre,
le pouvoir organise sa retraite dorée.
L’impunité comme assurance-vie
Mais l’argent ne suffit pas.
Il faut aussi se protéger.
D’où les tentatives de verrouillage judiciaire dénoncées par le RNDDH :
décrets sur mesure, Haute Cour instrumentalisée, institutions anticorruption neutralisées.
Ils veulent partir riches et intouchables.
Incapables, oui — et responsables
Le mot dérange ? Tant mieux.
On ne peut pas diriger un pays en ruine, laisser la population sans protection, échouer sur tous les fronts, puis exiger 600 000 dollars pour s’en aller, sans être qualifié d’incapable.
Ce n’est pas une insulte.
C’est un constat politique.
Le peuple ne doit pas payer leur échec
Haïti n’est pas une entreprise en liquidation.
L’État n’est pas un coffre-fort privé.
La transition n’est pas une opération de sortie négociée.
Le peuple haïtien n’a aucune obligation de financer l’échec de ceux qui l’ont gouverné.
Alternance Média assume
Nous assumons ce mot.
Nous assumons ce ton.
Nous assumons ce titre.
Parce que normaliser l’indignité, c’est y participer.
Échouer, rançonner, partir : neuf incapables exigent 600 000 dollars chacun.
L’histoire retiendra les faits.
Le peuple jugera les responsabilités.