La nouvelle a secoué la communauté haïtiano-américaine et au-delà : Sheila Cherfilus-McCormick, députée démocrate de Floride et figure montante de la diaspora, fait désormais face à l’un des plus graves scandales financiers de ces dernières années au Congrès américain. Le mercredi 19 novembre 2025, la justice fédérale a annoncé son inculpation pour vol de fonds publics, blanchiment d’argent, fraude fiscale et financement illégal de campagne. Montant en cause : près de 5 millions de dollars provenant de fonds d’urgence fédéraux.

Un montage financier au cœur de l’affaire

Selon l’acte d’accusation, Cherfilus-McCormick, 46 ans et plusieurs complices, dont son frère Edwin Cherfilus, auraient conservé un trop-perçu de millions de dollars provenant d’un contrat de la FEMA, l’agence fédérale de gestion des catastrophes. Ce contrat avait été attribué à la société familiale Trinity Healthcare Services, chargée de fournir du personnel pour la vaccination COVID-19 en Floride.

D’après les procureurs, la députée aurait canalisé une partie de ces fonds via plusieurs comptes bancaires, dans un schéma de dissimulation typique d’un blanchiment d’argent. Une portion importante aurait ensuite alimenté sa campagne électorale de 2021, grâce à des donateurs de paille : des proches recevant de l’argent puis le réinjectant sous forme de contributions politiques soi-disant légitimes.

L’acte d’accusation cite même certaines dépenses personnelles, dont l’achat d’une bague en diamant jaune de 3 carats, payée avec l’argent des fonds d’urgence.

Une affaire déjà en gestation depuis 2024

L’inculpation n’arrive pas soudainement. Depuis 2024, la société Trinity Healthcare était sous le radar des autorités de Floride, qui l’accusaient d’avoir surfacturé près de 5,8 millions de dollars pour des services liés au Covid-19.

Dans le même temps, le Comité d’éthique de la Chambre enquêtait sur la députée, notamment sur les conditions de financement de sa campagne victorieuse. Son revenu personnel avait explosé en 2021, près de 5,75 millions de dollars perçus via sa société, selon l’Office of Congressional Ethics.

Une défense offensive, mais isolée

Face à la tempête, Sheila Cherfilus-McCormick clame son innocence. Elle dénonce ce qu’elle appelle une « inculpation injuste et sans fondement » et affirme avoir « collaboré à toutes les demandes légales ».
Elle exclut toute démission, malgré les appels croissants de certains élus républicains qui réclament sa censure voire son expulsion du Congrès.

Mais dans les cercles politiques de Washington, rares sont ceux qui prennent publiquement sa défense. À mesure que les détails de l’affaire se divulguent, sa position devient de plus en plus intenable.

Une affaire explosive, aux conséquences imprévisibles

Les accusations sont lourdes : 15 chefs d’inculpation, plus de 53 ans de prison théorique si la députée est reconnue coupable de l’ensemble des charges.
Le dossier est désormais entre les mains du système judiciaire américain. Plusieurs scénarios restent possibles : procès long, plaidoyer négocié, ou même une intensification de la pression politique menant à une démission anticipée.

Alternance Média suivra ce dossier de près.

By Ralph Siméon

Ralph SIMÉON- journaliste engagé, animateur et entrepreneur. J'ai fait mes premiers pas à Radio Haïti Inter, média emblématique et référence nationale. En France, j'ai cofondé Haïti Tribune avant de rejoindre le service créole de Radio France Internationale ( RFI). Mon parcours incarne un engament constant en faveur de l'information , du lien social et de la valorisation d' Haïti sur la scène internationale.

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