La tension est brusquement montée au Honduras après le premier tour de l’élection présidentielle, marqué par une quasi-égalité inattendue entre deux candidats de droite. Et une fois de plus, Donald Trump s’est invité dans une campagne étrangère, provoquant une polémique régionale.

Trump conteste avant même la fin du dépouillement

Trois jours avant le scrutin, le président américain avait publiquement appelé les Honduriens à voter pour Nasry Asfura, 67 ans, entrepreneur et figure conservatrice. Mais lundi, après le dépouillement numérique de 57 % des bulletins, la présidente du Conseil national électoral (CNE), Ana Paola Hall, a annoncé une « égalité technique » entre Asfura et le présentateur de télévision Salvador Nasralla.

Seulement 515 voix les sépareraient.

Face à cette incertitude, Trump a explosé sur son réseau Truth Social, accusant le Honduras « d’essayer de changer le résultat », ajoutant que le pays « le paierait cher » si le résultat final ne lui convenait pas. Il a également affirmé, sans preuve, que le CNE avait « arrêté de compter » les votes.

Une ingérence dénoncée par la gauche hondurienne

La candidate de gauche, Rixi Moncada — actuellement largement distancée — a dénoncé l’intervention directe de Trump dans le processus démocratique hondurien, décrivant son soutien à Asfura comme « une forme de coercition » ressentie par une partie de l’électorat.

Cette présidentielle marque surtout un rejet massif du gouvernement de gauche sortant, fragilisé par la violence endémique, les cartels, la corruption et l’appauvrissement du pays.

Trump et sa nouvelle doctrine latino-américaine

Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump adopte une posture ouvertement interventionniste en Amérique latine :

Aides & investissements aux gouvernements conservateurs (Argentine, Salvador, Équateur) Sanctions économiques contre les gouvernements progressistes (Brésil, Colombie) Conditionnalité assumée : Trump a prévenu que si Asfura ne gagne pas, Washington cessera de financer le Honduras.

Une stratégie qui rappelle les méthodes d’influence américaine des décennies passées, et qui revient aujourd’hui dans un climat géopolitique polarisé.

Un pays suspendu aux résultats

La CNE appelle au calme et promet de garantir la transparence du processus.

La population, elle, attend la fin du dépouillement dans un pays où la défiance envers les institutions reste très élevée.

By Tanes DESULMA

Tanes DESULMA, Rédacteur en chef d’Alternance-Media, je suis diplômé en journalisme de l’ICORP et en droit public de l’École de Droit de La Sorbonne. Passionné par l’information et la justice, je m’efforce de proposer un journalisme rigoureux et engagé.

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