Le Parquet donne 30 jours à la DCPJ pour faire la lumière sur les substances présumées découvertes dans les installations liées à Apaid Jr. et Charles-Henri Becker**
Après plusieurs jours d’indignation publique et de spéculations nourries par les images diffuses provenant de Lilavois, la machine judiciaire haïtienne semble enfin se mettre en mouvement. Le Parquet de la Croix-des-Bouquets a officiellement délégué à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) le pouvoir d’ouvrir une enquête complète sur les substances présumées et plantes suspectes retrouvées dans les installations exploitées par André Apaid Jr. et Charles-Henri Becker.
Une démarche procédurale, pas une convocation
Contrairement à certaines interprétations hâtives apparues sur les réseaux sociaux, il ne s’agit pas d’une convocation judiciaire des personnes concernées. Le Parquet a émis un mandat de délégation de pouvoir, un acte administratif classique du ministère public, visant à permettre à la DCPJ de procéder à toutes les vérifications nécessaires dans le cadre d’une enquête préliminaire.
En clair : la justice ne se prononce pas encore sur la nature des éléments découverts ni sur d’éventuelles responsabilités. Elle demande d’abord des preuves.
30 jours pour établir les faits
Selon le document obtenu par Alternance Média, la DCPJ dispose désormais de 30 jours pour produire un rapport formel et circonstancié. Ce rapport devra préciser :
La nature réelle des substances saisies ;
L’origine et la composition des plantes trouvées sur place ;
Les conditions dans lesquelles ces éléments ont été découverts ;
Les liens éventuels entre les lieux, les activités déclarées, et les personnes responsables des installations.
Le Parquet précise que cette démarche s’inscrit exclusivement dans le cadre des nécessités de l’enquête, afin de garantir une approche méthodique, loin des conclusions hâtives fondées uniquement sur la perception publique ou les déclarations d’acteurs armés.
Une affaire sous haute tension médiatique
Depuis la diffusion de vidéos montrant des hommes armés exhibant ce qu’ils présentaient comme de la drogue, des plantes illicites ou encore des matériaux suspects, la population se retrouve plongée dans une spirale de rumeurs et d’interprétations multiples.
Le débat public s’est rapidement polarisé, entre ceux qui voient dans cette affaire l’une des révélations les plus graves de ces dernières années, et ceux qui y lisent au contraire une vaste opération de propagande orchestrée par des groupes armés qui cherchent à se donner des airs de justiciers.
Le Parquet, de son côté, rappelle implicitly que la vérité judiciaire ne peut s’appuyer ni sur des vidéos de groupes armés, ni sur des émotions collectives, mais sur des expertises, des prélèvements, des analyses, et une chaîne de preuves vérifiable.
Le public attend désormais des réponses concrètes, documentées et incontestables.
Alternance Média salue cette avancée et continuera de suivre attentivement l’évolution de ce dossier et publiera toutes les informations vérifiées dès qu’elles seront disponibles.