Port-au-Prince, 8 janvier 2026
La Police nationale d’Haïti (PNH) intensifie ses opérations contre les groupes armés qui contrôlent une partie importante de la zone métropolitaine de Port-au-Prince.
Dans une note de presse publiée ce jeudi, la Direction de la communication de la police (DICOP) annonce la saisie d’un important lot de matériels militaires et policiers lors d’une opération menée dans la soirée du mercredi 7 janvier 2026 à Delmas 2, une zone identifiée comme base arrière d’un chef de gang notoire.
Armes lourdes, uniformes et équipements sensibles saisis
Selon les informations communiquées, cette intervention a permis de récupérer des armes lourdes, des fusils d’assaut, des munitions, des gilets pare-balles, ainsi que des uniformes appartenant à plusieurs unités spécialisées de la PNH, notamment la CIMO, la CAT, l’UDMO et l’USGPN.
Du matériel de communication a également été saisi.
Parmi les éléments récupérés figure un gilet portant l’inscription « Presse », un détail particulièrement préoccupant qui ravive les inquiétudes autour de l’utilisation frauduleuse d’équipements civils ou institutionnels par les groupes criminels, au risque de compromettre la sécurité des journalistes et la confiance du public.
La PNH estime que ces matériels représentaient une menace directe pour la sécurité publique. Elle affirme que cette opération s’inscrit dans une stratégie plus large visant à réduire la capacité de nuisance des gangs armés, toujours très actifs dans le centre-ville de Port-au-Prince et sur plusieurs axes stratégiques.
Discours de fermeté et annonces de renforcement
Ces opérations surviennent dans un contexte de durcissement du discours officiel. Le secrétaire d’État à la Sécurité publique, Mario Andresol, a récemment annoncé, lors d’interviews accordées à plusieurs stations de radio de la capitale, un renforcement des moyens logistiques et de l’armement mis à la disposition de la PNH.

Il a également évoqué une meilleure coordination entre les forces de sécurité sous le leadership de l’actuel directeur général de la PNH, André Jonas Vladimir Paraison.
Parmi les priorités affichées figure la réouverture et la sécurisation des principaux axes routiers nationaux, notamment la route nationale numéro 1 vers le Nord et la route nationale numéro 2 vers le Sud, aujourd’hui partiellement ou totalement sous le contrôle de groupes armés.
Un défi majeur au regard des échecs passés
Si ces annonces traduisent une volonté politique affirmée, elles interviennent dans un contexte marqué par de nombreux échecs. Ces dernières années, la PNH a souvent peiné à maintenir durablement les zones reprises lors d’opérations ponctuelles. Plusieurs commissariats de la zone métropolitaine ont été pillés, incendiés, voire démolis par les bandits, illustrant la fragilité de l’emprise de l’État sur certains territoires.
La reprise effective et durable du centre-ville de Port-au-Prince demeure donc un défi majeur. Elle ne peut se limiter à des opérations coups de poing, mais suppose une présence continue des forces de l’ordre, une capacité réelle de maintien des positions reprises, ainsi qu’un soutien logistique, institutionnel et politique constant.
À ce stade, les autorités sécuritaires affichent une nouvelle dynamique. Reste à savoir si, cette fois, la PNH disposera des moyens, de la cohérence stratégique et de la continuité nécessaires pour transformer ces opérations en un contrôle effectif et durable du territoire — condition indispensable au retour de l’ordre, à la relance des activités économiques et à la reprise de la vie sociale dans la capitale haïtienne.