À moins de cinquante jours de l’échéance constitutionnelle du 7 février 2026, le Conseil Présidentiel de Transition apparaît plus fragilisé que jamais. Dans ce contexte de blocage politique, le PNDRH et ses alliés ont transmis à la CARICOM une proposition de sortie de crise qui acte l’échec du CPT et plaide pour une transition encadrée, crédible et limitée dans le temps.
La transition politique engagée après l’assassinat du président Jovenel Moïse devait ramener stabilité, sécurité et légitimité institutionnelle. Or, à l’approche de l’échéance du 7 février 2026, le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) apparaît plus que jamais contesté, fragilisé et incapable de répondre aux urgences sécuritaires, économiques et sociales du pays.
C’est dans ce contexte de crise multidimensionnelle, marqué par l’emprise des gangs armés, l’effondrement économique et l’absence de perspectives électorales crédibles, que le PNDRH et ses alliés ont adressé au président de la CARICOM, le Dr Andrew Holness, un accord politique proposant une issue structurée à l’impasse actuelle.
Une proposition qui acte l’échec du CPT
Le document du PNDRH et de ses alliés part d’un constat sans détour : le CPT n’a pas rempli les engagements contenus dans l’Accord du 3 avril 2024. Ni la restauration de la sécurité, ni la relance économique, ni l’organisation d’élections crédibles n’ont été atteintes.
L’insécurité progresse, les gangs étendent leur contrôle territorial, les institutions fonctionnent au ralenti et la population s’enfonce dans la précarité. Pour les signataires, prolonger le CPT au-delà du 7 février 2026 reviendrait à institutionnaliser l’échec et à exposer le pays à un vide politique dangereux.
Une nouvelle transition pour éviter le vide
Face à cette impasse, le PNDRH et ses alliés proposent la conclusion d’un nouvel accord politique inclusif, placé sous l’accompagnement de la CARICOM, de l’OEA, du BINUH et de l’OIF.
L’objectif affiché est d’éviter toute rupture brutale de l’ordre institutionnel, de prévenir un chaos sécuritaire et de remettre le pays sur une trajectoire de transition limitée dans le temps, orientée vers des résultats concrets.
Qui pour diriger la transition ?
L’Accord du PNDRH et de ses alliés avance deux scénarios principaux :
La désignation, par consensus, d’un président provisoire, issu de la magistrature ou de la société civile, reconnu pour son intégrité et sa crédibilité. À défaut de consensus, l’application rigoureuse de l’article 149 de la Constitution, confiant l’exécutif au Premier ministre jusqu’à l’organisation des élections.
Dans les deux cas, la mission du pouvoir transitoire est strictement définie : sécuriser le pays, restaurer la gouvernance et organiser des élections générales.
Sécurité, contrôle et crédibilité électorale
La proposition du PNDRH et de ses alliés s’articule autour de mécanismes concrets :
La mise en place d’une Unité de contrôle et de surveillance indépendante, chargée de la transparence de l’action publique et de la lutte contre la corruption. L’élaboration d’un plan national de sécurité, fondé sur le renforcement de la Police nationale d’Haïti et la coordination avec les Forces armées. Une réforme constitutionnelle ciblée, menée par une commission indépendante. L’organisation d’élections générales inclusives entre janvier et février 2027, avec un Conseil électoral crédible et un calendrier réaliste.
Les signataires de l’Accord du PNDRH et de ses alliés
L’accord transmis à la CARICOM est signé par plusieurs partis et mouvements politiques réunis autour d’une même démarche de sortie de crise. Parmi les principaux signataires figurent :
PNDRH – Parti National des Démocrates Réunis pour le Développement d’Haïti, représenté par sa présidente Marie-Élise F. Castillon Me Denis Pierre, 1er porte-parole de l’Accord, Président du CPHREN (Cri du Peuple Haïtien pour la Réconciliation Nationale) professeur Lifaite Pierre – PLEH – Parti Politique pour l’Avancement Économique Haïtien, Secrétariat à l’Organisation de l’Accord PRS – Parti de la Révolution Sociale, représenté par Prof. Jean Reynold Jean Pierre Alliance Démocratique, membre conseiller de l’Accord MPC-Haïti – Mouvement des Patriotes pour le Changement d’Haïti, membre conseiller MORDH – Mouvement de Recherche Ensemble pour la Dignité Haïtienne, responsable politique et membre signataire.
Cette coalition, qui est présidée par le docteur, Charles Yvon Castillon, affirme agir dans une logique de responsabilité nationale, en vue d’éviter le chaos institutionnel et d’ouvrir la voie à une transition politiquement viable.
À 47 jours, l’heure des choix
La proposition du PNDRH et de ses alliés ne prétend pas résoudre à elle seule la crise haïtienne. Mais elle a le mérite de poser un cadre politique clair, à un moment où l’improvisation et l’incertitude dominent.
À quarante-sept jours de la fin annoncée du mandat du CPT, le statu quo n’est plus une option.
Haïti attend désormais des décisions courageuses, et non une transition de plus.