Alternance Média | Enquête spéciale

Le Ministère de la Défense traverse une zone de turbulence sans précédent. Témoignages, documents internes et déclarations d’officiers révèlent une situation explosive, marquée par la corruption, le favoritisme, et une gestion opaque qui met directement en péril le fonctionnement des Forces Armées d’Haïti (F.A.D.H). trois femmes proches du ministre Jean Michel Moïse contrôlent de facto le ministère, allant jusqu’à orienter des décisions administratives, logistiques et financières, révèle dans son enquête, Tanes DESULMA, directeur de la rédaction.

Au cœur de cette crise : une frustration généralisée dans les rangs militaires.

Trois femmes proches du ministre contrôlent de facto le ministère de la Défense

Selon plusieurs sources au sein du ministère, Sherley Chéry (administratrice adjointe), Kausky Jean (cheffe de cabinet) et Dominique Eugène (directrice des ressources humaines) exercent une influence déterminante, allant bien au-delà de leurs prérogatives administratives.

Des officiers affirment que ces proches du ministre contrôlent des décisions stratégiques, de la gestion des ressources à l’attribution de privilèges.

« Le ministère fonctionne comme une boîte de nuit, pas comme une institution républicaine », déclare un colonel sous anonymat.

Véhicules destinés aux F.A.D.H détournés vers les proches du ministre

Cinq véhicules neufs, financés par le budget militaire, ont été acquis récemment.

Pourtant :

Aucun haut gradé n’en a bénéficié, Les trois femmes proches du ministre en ont reçu, D’autres véhicules ont été distribués à des individus qui ne travaillent même pas au ministère.

Plus troublant encore, certains bénéficiaires civils circulent avec sirènes, se faisant passer pour des militaires.

Primes de risque pour les civils proches du ministre, rien pour les militaires

Des primes de risque allant de 500 000 à 1 000 000 de gourdes ont été octroyées à des civils liés au ministre Jean Michel Moïse.

Pendant ce temps, les militaires — qui affrontent des situations de guerre contre les gangs — ne touchent aucune prime de risque.

Cette injustice alimente une colère profonde dans les casernes.

À Kenscoff : des soldats abandonnés face aux gangs

À Kenscoff, les militaires affectés à la protection du site stratégique de Téléco vivent dans des conditions indignes :

pas de nourriture, pas d’eau potable, pas d’équipements, alors que les gangs tentent régulièrement de prendre le site.

Certains soldats ont été tués, d’autres grièvement blessés, sans soutien adéquat du ministère.

Déclassement illégal de véhicules : un pillage organisé

Des opérations de déclassement de véhicules auraient été menées hors de toute procédure légale, permettant à des proches du ministère d’acquérir des véhicules d’État à bas prix.

Plusieurs officiers parlent d’un système de détournement institutionnalisé.

Un ministère déjà dans le viseur de l’ULCC

Des organisations de défense des droits humains ont déjà déposé des plaintes pour corruption contre le ministre Jean Michel Moïse.

l’épouse du comptable du ministère, arrêtée en possession d’une forte somme en gourdes et en dollars, en direction du Cap-Haïtien, le comptable lui-même, actuellement en cavale, suscitant de nombreuses interrogations.

L’ armée au bord de la rupture

Entre favoritisme, scandales financiers, abandon des militaires sur le terrain et distribution illégale de ressources publiques, le tableau est sombre.

La frustration des militaires est à son apogée, et plusieurs officiers évoquent une perte totale de confiance dans la hiérarchie politique. Et certains parlent même d’un point de non-retour.

By Tanes DESULMA

Tanes DESULMA, Rédacteur en chef d’Alternance-Media, je suis diplômé en journalisme de l’ICORP et en droit public de l’École de Droit de La Sorbonne. Passionné par l’information et la justice, je m’efforce de proposer un journalisme rigoureux et engagé.

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