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À moins de trois semaines de l’échéance du 7 février 2026, date marquant la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition, le climat politique haïtien demeure marqué par l’incertitude et l’absence de consensus sur la formule de gouvernance à venir. Partis politiques et organisations de la société civile multiplient les prises de position, sans toutefois parvenir à s’entendre sur un cadre commun de discussions ni sur une instance de médiation acceptée par tous.

Dans ce contexte de flottement institutionnel, le Pati Politik Mirak Ayiti a transmis à la rédaction d’Alternance Média une lettre ouverte accompagnée d’un document intitulé « Cadre de négociations pour une gouvernance transitoire ». Datée du 15 janvier 2026, cette initiative vise à proposer une méthodologie structurée pour engager des pourparlers entre les principaux acteurs politiques, la société civile organisée et le Conseil présidentiel de transition .

Dans sa lettre ouverte adressée aux partis politiques et aux organisations de la société civile, Miracle Haïti dresse un constat critique du bilan du Conseil présidentiel de transition. Le parti estime que l’organe issu de l’accord du 3 avril 2024 n’a pas été en mesure de remplir les axes prioritaires de sa mission, notamment l’organisation des élections devant combler le vide institutionnel, à l’approche de la fin de son mandat .

Face au risque d’un vide à la tête de l’État, le document soumis propose la mise en place d’un cadre de négociations devant conduire à un accord politique unique, destiné à assurer la continuité de l’Exécutif, la désignation d’un Premier ministre et la formation rapide d’un gouvernement de consensus .

Le mécanisme de médiation proposé repose sur une instance tripartite réunissant des institutions jugées crédibles et neutres. Miracle Haïti suggère que cette instance soit composée du recteur de l’Université d’État d’Haïti, du président de la Conférence épiscopale d’Haïti ou de son représentant, ainsi que du Protecteur du citoyen. Cette structure aurait pour mission de faciliter le dialogue, d’encadrer les débats et de conduire les parties vers un accord final .

Le cadre prévoit également une organisation interne précise de l’instance de médiation, articulée autour d’un collège de médiation, d’un secrétariat technique et d’un comité d’éthique et de conformité. Les décisions devraient être prises par consensus, avec la possibilité de formuler des recommandations motivées en cas de désaccord persistant .

Sur le plan du calendrier, le document propose une séquence resserrée de discussions, avec une publication rapide de la composition de l’instance de médiation, l’identification des acteurs appelés à participer aux négociations et la tenue des pourparlers avant la fin du mois de janvier 2026, afin de parvenir à un accord avant l’échéance du 7 février .

Concernant l’architecture de la transition à venir, Miracle Haïti évoque plusieurs pistes pour la désignation d’un président provisoire, notamment au sein de la Cour de cassation, de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif, ou encore au sein de la diaspora haïtienne. Le parti insiste sur des critères d’intégrité, de neutralité politique et de capacité à conduire le pays vers des élections dans un délai maximal de dix huit mois .

S’agissant du poste de Premier ministre, le document indique que le chef du gouvernement en fonction pourrait être maintenu à titre provisoire, dans l’hypothèse où aucun consensus ne se dégagerait sur le choix d’un nouveau titulaire du poste .

À travers cette proposition, Miracle Haïti appelle les acteurs politiques et sociaux à faire preuve de responsabilité collective et de dépassement, estimant que l’absence d’initiative concertée exposerait le pays à une situation institutionnelle jugée « catastrophique » dès le mois de février 2026 .

Reste à savoir si cette proposition de cadre de négociations trouvera un écho favorable auprès des autres forces politiques et de la société civile, dans un contexte où les divergences sur la forme et la durée de la transition demeurent profondes, à l’approche d’une échéance désormais imminente.

By Ralph Siméon

Ralph SIMÉON- journaliste engagé, animateur et entrepreneur. J'ai fait mes premiers pas à Radio Haïti Inter, média emblématique et référence nationale. En France, j'ai cofondé Haïti Tribune avant de rejoindre le service créole de Radio France Internationale ( RFI). Mon parcours incarne un engament constant en faveur de l'information , du lien social et de la valorisation d' Haïti sur la scène internationale.

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