Au bureau de l’immigration de Delmas 31, la situation a viré au chaos administratif.Cinquante employés contractuels ont été soudainement écartés après la suspension de leurs contrats par le ministre de l’Intérieur, Paul Antoine Bien-Aimé.Une décision qui frappe de plein fouet des travailleurs essentiels au fonctionnement quotidien du service migratoire.
Des années de travail effacées sans explication
Ces contractuels ne sont pas de simples remplaçants temporaires : ils forment le cœur du travail quotidien de l’immigration.
Plusieurs d’entre eux cumulent 5, 7, voire 8 années de service ininterrompu, sans statut officiel, sans avantages sociaux, mais avec l’espoir d’une régularisation.

Au lieu d’une reconnaissance tant attendue, ils se voient aujourd’hui écartés sans ménagement, comme si leur contribution n’avait jamais compté.
« Nous sommes 50 employés livrés au néant »
Les témoignages sont unanimes : c’est un choc.
« Nous sommes 50 employés de l’immigration laissés au bord du chemin. Nous avons des familles, des responsabilités, des enfants à nourrir. On ne peut pas nous jeter après tant d’années », déplore un travailleur affecté par la mesure.
La décision du ministère est décrite comme brusque, injuste et profondément déstabilisante.
Les employés demandent la régularisation, pas l’exclusion
Depuis longtemps, les travailleurs de l’immigration réclament la régularisation des contractuels, dont la présence est indispensable au bon fonctionnement des bureaux.
Ils considèrent qu’après tant d’années de service :
la stabilité est un droit, la dignité doit être préservée, et la reconnaissance est un minimum.
Les renvoyer aujourd’hui est perçu comme un mépris inacceptable envers leurs efforts et sacrifices.
Appel au ministre Bien-Aimé : revenir sur la décision
Les 50 employés de Delmas 31 lancent un appel solennel au ministre de l’Intérieur :
à revenir immédiatement sur sa décision, à procéder à leur réintégration, et à engager un dialogue sérieux sur leur statut.
Pour eux, cette suspension ne repose sur aucun motif valable et ne fait qu’aggraver leur précarité.
Un drame social dans un contexte déjà fragile
Dans un pays confronté à une crise sécuritaire et économique grave, mettre à pied 50 employés d’un service aussi stratégique que l’immigration ne fait qu’ajouter une couche supplémentaire d’instabilité.
Pour beaucoup, ce dossier illustre une réalité plus large : la vulnérabilité des contractuels dans l’administration publique haïtienne, souvent exposés à la précarité et aux décisions arbitraires.
L’État doit respecter ceux qui le font fonctionner
Les 50 employés de l’immigration de Delmas 31 ne demandent pas des privilèges.
Ils demandent simplement :
justice, dignité, et continuité dans leur travail.
On ne peut pas construire une institution solide en abandonnant ceux qui la font fonctionner au quotidien.