Le secrétaire général de l’Organisation des États américains (OEA), Albert Ramdin, en visite à Port-au-Prince, a délivré un message clair aux acteurs haïtiens : la prochaine transition, qui doit s’ouvrir après la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT) en février 2026, doit être courte, disciplinée et structurée autour d’un mandat politique précis.

Dans une entrevue accordée au Nouvelliste mardi 2 décembre, Ramdin a rappelé que si la communauté internationale se tient prête à accompagner Haïti, la définition du chemin à suivre appartient d’abord aux Haïtiens eux-mêmes.

Une transition limitée à 9 à 12 mois : la première exigence

Pour Albert Ramdin, il ne peut y avoir de sortie de crise durable sans une transition resserrée dans le temps.

Il propose que la nouvelle structure de gouvernance ne dépasse pas une durée de neuf à douze mois, afin d’éviter l’impasse politique prolongée qui a marqué les dernières années.

Trois missions essentielles : sécurité, réduction des risques, élections

Deuxième principe énoncé par le secrétaire général : la transition doit avoir un mandat exclusivement centré sur trois axes prioritaires :

Stabiliser l’environnement sécuritaire, Réduire les risques et restaurer un minimum de fonctionnement national, Préparer et organiser des élections crédibles et inclusives.

Toutes les autres fonctions gouvernementales doivent rester assurées par les institutions, pour éviter une dispersion ou une déformation du rôle de la transition.

Efficacité et continuité : éviter un redémarrage à zéro

Ramdin insiste sur la nécessité d’une gouvernance efficace, efficiente et pragmatique.

Recommencer tout le processus ou redessiner entièrement les structures de l’État ferait perdre un temps précieux, juge-t-il.

Il souligne d’ailleurs que la communauté internationale est prête à soutenir un processus cohérent, pourvu que les acteurs locaux s’accordent sur un cadre réaliste.

Stabilité politique : condition sine qua non du redressement

Le quatrième principe mis en avant par Ramdin est la recherche d’une stabilité politique minimale, indispensable pour restaurer la confiance, mobiliser le soutien international et permettre la tenue d’élections.

Appel au sursaut collectif : “Ce n’est pas le moment de se diviser… mais d’avancer”

Lors d’une réception à Port-au-Prince, Albert Ramdin a exhorté les protagonistes haïtiens à dépasser les querelles immédiates :

« Mettons de côté les différences à court terme… et concentrons-nous sur la vision d’ensemble. »

Pour lui, la priorité absolue demeure : ramener Haïti à un gouvernement légitime, issu des urnes, après plus de dix ans sans élections nationales.

Il ajoute :

« J’espère que chaque citoyen, chaque autorité haïtienne, reconnaît que ce n’est pas le moment de se diviser… mais d’avancer. »

La balle est désormais dans le camp des Haïtiens

En formulant ces quatre principes, Albert Ramdin ne dicte pas une solution, mais fixe un cadre clair pour une transition courte, fonctionnelle et orientée vers le rétablissement institutionnel.

Il appartient maintenant aux dirigeants, aux forces politiques et à la société civile de définir la formule qui permettra enfin d’amorcer un véritable retour à l’ordre constitutionnel.

By Tanes DESULMA

Tanes DESULMA, Rédacteur en chef d’Alternance-Media, je suis diplômé en journalisme de l’ICORP et en droit public de l’École de Droit de La Sorbonne. Passionné par l’information et la justice, je m’efforce de proposer un journalisme rigoureux et engagé.

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