Alors que la transition politique traverse une phase critique, plusieurs figures de la classe politique haïtienne se sont réunies le dimanche 14 décembre 2025 afin d’examiner les voies possibles de sortie de crise. Cette rencontre intervient dans un contexte marqué par la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), l’inefficacité dénoncée du gouvernement dirigé par Alix Didier Fils-Aimé, et la persistance de l’insécurité généralisée.

Parmi les participants figuraient notamment André Michel, Moïse Jean-Charles, Claude Joseph, Rosemond Pradel, Jonas Coffy, Alex Larsen, Jean Sénatus, ainsi que d’autres responsables et leaders politiques. Les échanges ont porté sur l’évaluation de la transition en cours et sur la nécessité d’une recomposition politique capable de restaurer un minimum de confiance institutionnelle.

Cette rencontre fait suite , à la une précédente rencontre qui avait eu lieu le vendredi 12 décembre sous le haut patronage de l’ancien président de Burundi, M. Domitien NDAYIZEYE, envoyé spécial du secrétaire général de l’OIF et président du « Panel des Sages de l’Union africaine « .

Une transition jugée à bout de souffle

Selon plusieurs participants, le CPT, arrivé en fin de mandat, n’a pas réussi à remplir ses objectifs fondamentaux, notamment en matière de rétablissement de la sécurité, de gouvernance efficace et de préparation d’un processus électoral crédible. L’absence de résultats tangibles et la dégradation continue de la situation sécuritaire ont renforcé l’idée que la transition actuelle est à bout de souffle.

Dans le même temps, le gouvernement conduit par Alix Didier Fils-Aimé est accusé d’inefficacité, tant sur le plan sécuritaire qu’économique et social, accentuant le fossé entre les autorités et une population déjà éprouvée par la crise.

Vers un accord politique minimal

À l’issue de la rencontre, les leaders politiques se sont accordés sur la nécessité de travailler ensemble, au-delà des divergences traditionnelles, afin de faire émerger un accord politique minimal. Cet accord viserait à définir un cadre consensuel permettant de stabiliser la transition, de renforcer les conditions sécuritaires et de préparer des élections aussi sereines que possible.

Les participants ont fixé un horizon clair : parvenir à cet accord au plus tard le 15 janvier 2026. Ils estiment qu’un tel consensus, même limité, pourrait servir de base à une sortie progressive de l’impasse institutionnelle.

Ouverture au dialogue national et international

Dans cette dynamique, plusieurs réunions sont prévues au cours de la semaine avec d’autres acteurs politiques, sociaux et institutionnels haïtiens. L’objectif est d’élargir la concertation et d’associer le plus grand nombre possible de parties prenantes au processus.

Par ailleurs, deux rencontres sont programmées le week-end prochain avec des représentants d’institutions internationales et régionales impliquées dans la gestion de la crise haïtienne. Les leaders politiques souhaitent inscrire leur démarche dans un cadre de dialogue constructif avec les partenaires d’Haïti, sans pour autant renoncer à une solution portée d’abord par les Haïtiens eux-mêmes.

Une initiative sous haute attente

Si cette initiative marque une reprise du dialogue politique, elle est accueillie avec prudence par une population lassée des promesses non tenues et des accords sans lendemain. La réussite de ce processus dépendra largement de la capacité des acteurs politiques à dépasser les intérêts partisans et à proposer des réponses concrètes à l’insécurité et à la crise institutionnelle.

À l’heure où le pays fait face à une urgence multidimensionnelle, la perspective d’un accord politique minimal apparaît, pour ses promoteurs, comme un passage obligé pour éviter l’enlisement prolongé et ouvrir la voie à une transition réellement orientée vers des élections crédibles.

By Tanes DESULMA

Tanes DESULMA, Rédacteur en chef d’Alternance-Media, je suis diplômé en journalisme de l’ICORP et en droit public de l’École de Droit de La Sorbonne. Passionné par l’information et la justice, je m’efforce de proposer un journalisme rigoureux et engagé.

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