Selon des informations exclusives d’Alternance Média, la tension franchit un seuil critique entre l’ambassade américaine et le Conseil présidentiel de transition (CPT). Le chargé d’affaires américain a adressé une lettre officielle à chacun des conseillers, les mettant en garde contre tout remplacement du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.
Dans ces courriers, le diplomate a même menacé certains conseillers de sanctions, allant jusqu’à évoquer la suspension de leurs visas américains si une telle décision était prise. Une pression jugée comme une ingérence directe et un chantage diplomatique par plusieurs membres du CPT.
Mais loin de céder, le conseil veut au contraire accélérer le remplacement du Premier ministre.
Les conseillers cherchent ainsi à affirmer leur autorité et à préparer l’après 7 février 2026, date à laquelle leur mandat arrive à terme. Dans les coulisses, les responsables politiques qui participent aux négociations sont clairs : aucune prolongation ne sera accordée au CPT, déjà 19 mois au pouvoir sans résultats majeurs au regard de l’accord du 3 avril 2024.
Le nom d’Arnaud Descartes reste le candidat le plus avancé, même si aucun consensus n’est encore établi.
Informé des manœuvres internes, Alix Didier Fils-Aimé aurait lui-même alerté l’ambassade, provoquant la réaction musclée du chargé d’affaires.
À quelques mois de l’échéance du 7 février, entre un CPT déterminé à exister, un Premier ministre qui s’accroche et une diplomatie américaine qui durcit le ton, la transition haïtienne entre dans une zone de collision imminente.