Port-au-Prince, 28 novembre 2025 — Selon des informations exclusives obtenues par Alternance Média, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a adressé cette semaine un courrier officiel au Conseil présidentiel de transition (CPT), exigeant la transmission d’un rapport complet sur l’utilisation des fonds décaissés pour le projet de nouvelle Constitution. L’agence onusienne fixe au 30 novembre 2025 la date limite pour la remise de ce rapport financier et technique.
Selon nos sources, les montants concernés s’élèveraient à environ 800 000 dollars américains et 50 millions de gourdes, mobilisés dans le cadre d’un partenariat entre l’État haïtien et le PNUD pour accompagner le processus constitutionnel lancé au début de la transition.
Ce rappel intervient alors que le CPT avait officiellement annoncé, il y a quelques semaines, l’abandon du projet de révision constitutionnelle, malgré les dépenses déjà engagées. Cette décision avait été prise peu après la réception du projet final remis par le comité de pilotage de la Conférence nationale, une structure composée de neuf membres et présidée par l’ancien Premier ministre Enex Jean-Charles.
Le PNUD, qui soutient les États dans le renforcement de la gouvernance, le développement durable et la mise en œuvre des Objectifs de développement durable (ODD), demande désormais à la présidence et au CPT une reddition de comptes complète, conformément à ses procédures internes de gestion des projets financés conjointement.
Le courrier transmis au secrétariat général de la présidence indiquerait que les documents comptables soumis jusqu’ici ne sont pas jugés suffisants. L’agence souhaite obtenir l’ensemble des pièces justificatives, rapports détaillés et éléments d’audit liés aux dépenses effectuées.
La présidence et le CPT n’ont pour l’instant fait aucune déclaration publique concernant cette demande.
Lors d’une intervention dans la presse, le président du comité de pilotage, Enex Jean-Charles, a précisé que le comité n’avait aucune gestion directe des dépenses, celles-ci étant entièrement assurées par le secrétariat de la présidence.
Ce rappel à l’ordre du PNUD intervient dans un contexte où plusieurs partenaires internationaux appellent à une gestion plus rigoureuse des fonds publics, particulièrement dans les dossiers institutionnels jugés sensibles.