Selon des sources concordantes, la communauté internationale aurait ordonné l’exclusion de huit conseillers présidentiels après l’échec d’une manœuvre visant à renverser le chef du gouvernement Alix Didier Fils-Aimé. Laurent Saint-Cyr devient l’unique interlocuteur reconnu. L’OEA appelle au dialogue.
Port-au-Prince – Huit des neuf membres du Conseil présidentiel de transition (CPT) haïtien auraient été formellement interdits d’accès à la Villa d’Accueil, siège provisoire de l’exécutif, à la suite d’une tentative avortée de renversement du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, selon des informations obtenues par Alternance Média auprès de sources politiques concordantes.
D’après ces sources, le directeur général de la Police nationale d’Haïti (PNH) aurait reçu des instructions émanant de partenaires internationaux d’Haïti lui enjoignant d’interdire l’accès à la Villa d’Accueil à tous les membres du CPT, à l’exception du conseiller Laurent Saint-Cyr.
Pressions diplomatiques et soutien international au Premier ministre
Toujours selon notre service politique, cette décision serait intervenue après l’échec d’une tentative de déstabilisation politique visant le chef du gouvernement. Alix Didier Fils-Aimé aurait bénéficié du soutien explicite de plusieurs chancelleries occidentales, au premier rang desquelles les États-Unis, suivis du Canada et de l’« équipe Europe », selon l’expression diplomatique consacrée pour désigner le bloc des partenaires européens engagés en Haïti.
Cette mobilisation internationale aurait joué un rôle déterminant dans le maintien du Premier ministre à son poste et dans la marginalisation politique accélérée du Conseil présidentiel de transition, déjà fragilisé par de profondes divisions internes.
Dispositif sécuritaire réorganisé autour des sites du pouvoir
Depuis la veille, d’importants changements ont été opérés au sein des unités chargées de la sécurité de la Villa d’Accueil et du Palais national. Plusieurs sources sécuritaires confirment un redéploiement discret mais significatif des effectifs, accompagné de nouvelles consignes d’accès extrêmement restrictives.
Ces mesures sont interprétées comme une volonté claire de verrouiller les centres névralgiques de l’exécutif et d’empêcher toute nouvelle initiative politique ou institutionnelle de la part des membres désormais écartés du CPT.
Laurent Saint-Cyr désigné comme interlocuteur unique
Dans ce nouveau rapport de forces, Laurent Saint-Cyr apparaît comme le seul membre du Conseil présidentiel encore reconnu comme interlocuteur légitime par les partenaires internationaux.
Selon nos informations, il lui reviendrait désormais la charge de tenter de construire un consensus politique minimal autour du Premier ministre et d’une nouvelle architecture de gouvernance transitoire.
Cette mission s’annonce particulièrement délicate dans un contexte de défiance généralisée, d’effondrement institutionnel et d’insécurité persistante.
« De fait, le CPT n’existe plus »
Pour plusieurs observateurs politiques interrogés par Alternance Média, l’exclusion opérationnelle de huit membres sur neuf revient, dans les faits, à acter la disparition du Conseil présidentiel de transition en tant qu’organe fonctionnel.
« Le CPT est politiquement mort. Il ne dispose plus ni de capacité d’action, ni de reconnaissance internationale effective », confie un diplomate en poste à Port-au-Prince sous couvert d’anonymat.
L’OEA appelle au dialogue
Face à cette nouvelle crise institutionnelle, l’Organisation des États américains (OEA) a appelé, dans un communiqué préliminaire, à l’ouverture rapide d’un dialogue politique inclusif afin d’éviter une nouvelle phase de paralysie de l’État.
L’organisation régionale a également exhorté les acteurs haïtiens à privilégier la stabilité institutionnelle, la continuité de l’action gouvernementale et la préparation d’un calendrier électoral crédible.