Le mouvement politique Repenser Haïti a tiré une nouvelle fois la sonnette d’alarme, dans une note publiée le 10 décembre 2025, dénonçant une dérive sans précédent de l’État haïtien. Pour ses responsables, le pays traverse « une crise sociopolitique chronique et dangereuse » nourrie par l’effondrement des institutions, la déliquescence de l’autorité publique et le cynisme d’une classe dirigeante plus préoccupée par des calculs politiciens que par l’intérêt collectif.

Selon le document signé par le coordonnateur Dr Amondieu Gabriel, la relationniste Sarah Aristide et le délégué Me Eniel Toussaint, la gouvernance actuelle est responsable d’une instabilité profonde qui menace les fondements mêmes de la nation.

« Haïti traverse une crise sociopolitique sans précédent », peut-on lire dans cette déclaration qui critique ouvertement la « politique politicienne » menée depuis des décennies, accusée d’avoir conduit à « l’effondrement total de l’État-Nation ».

« L’État s’est dangereusement éloigné de sa mission première »

Contacté par Alternance Média, le coordonnateur du mouvement, Dr Amondieu Gabriel, confirme le ton alarmiste du message.

Selon lui, « l’État s’est dangereusement éloigné de sa mission première : garantir la sécurité, protéger les citoyens et créer un environnement propice à la cohésion sociale ».

Pour Repenser Haïti, la situation actuelle résulte d’un État « dévoué à une minorité » et devenu « une entreprise corrompue et criminelle » opérant au détriment du plus grand nombre.

La note fustige également le comportement des membres du CPT, décrits comme « vendeurs d’illusions », pendant que la corruption demeure « à son paroxysme » et que l’ingérence internationale continue d’influencer les grandes décisions politiques du pays.

Un pays transformé en « cimetière pour ses propres fils et filles »

Dans un langage particulièrement dur, le mouvement affirme que l’État haïtien n’assure plus aucune de ses missions essentielles : ni la sécurité publique, ni la création d’un cadre de vie sain, ni la protection du tissu social.

Selon Repenser Haïti, « Haïti est devenue un cimetière pour ses propres fils et filles » tant la violence, l’impunité et la misère se sont installées durablement.

Cette descente aux enfers s’accompagne d’un effondrement économique et institutionnel qui nourrit la colère populaire. De plus en plus de structures organisées, d’organisations politiques et d’acteurs de la société civile expriment ouvertement leur frustration, constate le mouvement.

Vers l’impossibilité de tenir une joute électorale ?

Pour Repenser Haïti, la crise est telle que la tenue d’élections crédibles devient quasiment impossible dans le contexte actuel. Le mouvement estime qu’un large consensus politique national, impliquant toutes les forces vives de la nation, est la seule voie pour sortir du chaos institutionnel et restaurer la confiance.

« Il faut un consensus politique largement large pour résoudre ce chaos politique et éviter le fiasco du CPT qui tergiverse sa mission », conclut la note.

Un signal de plus dans un climat de colère généralisée

Cette déclaration s’ajoute à une longue liste de prises de position émanant de groupes politiques, organisations émergentes et plateformes citoyennes, qui dénoncent la détérioration accélérée du pays.

Au rythme où l’insécurité progresse, où l’économie s’effondre et où les institutions peinent à jouer leur rôle, l’insatisfaction populaire prend une ampleur inédite.

Avec cette note, Repenser Haïti entend se positionner comme une force d’alerte, mais aussi comme un acteur possible d’un futur cadre de dialogue national.

By Willy DESULMA

Willy DÉSULMA, Normalien diplômé de l’École Normale Supérieure et économiste formé à la Faculté de Droit et des Sciences Économiques de l’Université d’État d’Haïti, est journaliste et responsable de l’information à Alternance Média TV. Passionné par la diffusion d’une information claire et fiable, il s’engage à informer avec rigueur et professionnalisme. Expert en analyse économique et éducation, il combine savoir et expertise pour éclairer l’actualité et contribuer au débat public.

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