Cap-Haïtien, 28 décembre 2025 — Dans un contexte de crise politique persistante et d’impasse institutionnelle, plusieurs organisations de la société civile haïtienne ont engagé un processus de dialogue visant à rapprocher leurs propositions sur la transition politique et la refondation de l’État. Une réunion de travail s’est tenue le 26 décembre 2025 entre le Regroupement des Professeurs d’Universités d’Haïti (REPUH), Engagement Citoyen et Éveil du Grand Sud (EGS/Rasanbleman Sitwayen), avec la participation d’une plateforme dénommée Rassemblement Citoyen .
Selon le compte rendu publié à l’issue de la rencontre, les échanges se sont inscrits dans une démarche de réflexion collective destinée à contribuer à l’élaboration de propositions crédibles pour une sortie de crise. Les discussions ont porté sur une analyse comparée des documents produits par les différentes organisations, notamment en matière de gouvernance transitoire, de refondation institutionnelle et de stabilisation du pays .
Un rapprochement idéologique, mais pas encore de consensus
Les participants ont reconnu l’existence d’un rapprochement idéologique entre leurs visions respectives. Toutefois, aucune conclusion définitive n’a été dégagée à l’issue de la réunion. Les débats ont mis en évidence la nécessité d’approfondir l’articulation entre les orientations politiques et stratégiques proposées et les exigences juridico-administratives qu’impose la mise en place d’une gouvernance transitoire fonctionnelle et légitime .
Le REPUH et Engagement Citoyen ont réaffirmé que la proposition qu’ils portent vise exclusivement à encadrer la gouvernance de transition. Celle-ci repose sur un mandat strictement limité dans le temps, assorti de mécanismes indépendants de contrôle, afin d’éviter toute dérive et de garantir la redevabilité d’un éventuel gouvernement de transition .
Une vision politique jugée solide, mais peu opérationnelle
Parallèlement, les responsables du REPUH ont procédé à une analyse du document présenté par Rasanbleman Sitwayen / Éveil du Grand Sud. Ils ont reconnu qu’il s’agit d’un texte solide sur le plan politique et stratégique, proposant une lecture globale de la crise haïtienne, de la souveraineté nationale et du rôle de la société civile.
Cependant, ils estiment que ce document relève davantage d’une plateforme politique et programmatique que d’un cadre juridico-institutionnel directement opérationnel pour la gestion d’une transition. En l’état, il ne constituerait pas une base administrative immédiatement applicable à la gouvernance transitoire .
Vers une loi-cadre de transition
Malgré l’absence d’accord final, les organisations impliquées ont convenu de poursuivre le dialogue en vue d’aboutir à une plateforme commune et à l’élaboration d’un document unique. Celui-ci devrait reposer sur un socle juridico-institutionnel clair et contraignant, avec l’ambition de servir de loi-cadre de transition pour la mise en place d’un nouveau gouvernement transitoire .
Le représentant d’Éveil du Grand Sud, Charlot Murat Naïde, s’est engagé à faire circuler à nouveau le document conjoint élaboré par le REPUH et Engagement Citoyen afin de permettre aux organisations partenaires d’en prendre connaissance et de contribuer au processus de convergence en cours .
Un appel aux contributions citoyennes
Les organisations ont enfin lancé un appel aux citoyennes, citoyens, organisations et acteurs concernés, les invitant à formuler avis, critiques et propositions. Ces contributions sont jugées essentielles pour renforcer la légitimité du processus et nourrir l’élaboration d’une transition politiquement convergente et juridiquement encadrée, susceptible de constituer une base crédible pour sortir Haïti de la crise actuelle .