En pleine tourmente sécuritaire et au cœur d’une crise nationale sans précédent, les Grenadiers ont offert à Haïti bien plus qu’une qualification sportive : un acte de résistance. En s’imposant le 18 novembre, date sacrée de Vertières, ils ont ravivé la flamme d’un peuple qui refuse de renoncer. Cinquante et Un ans après 1974, Haïti renoue avec la Coupe du monde et rappelle au monde que, même brisée, la nation demeure debout.

Un exploit qui dépasse le football

Haïti s’est qualifiée pour la Coupe du monde 2026. Cette phrase, que l’on croyait presque impossible dans le contexte actuel, résonne aujourd’hui comme un cri, un symbole, une respiration nationale.

Dans un pays fracturé par l’insécurité, les déplacements forcés, la crise économique et l’effondrement institutionnel, les Grenadiers ont ravivé l’espoir d’un peuple qui se bat chaque jour pour survivre.

En battant le Nicaragua (2-0) lors de la dernière journée des qualifications de la zone Concacaf, Haïti a terminé première du groupe C avec 11 points.

Cinquante et Un ans après la génération 1974, l’équipe nationale remet le pays sur la carte du football mondial.

Mais au-delà de la performance, c’est la symbolique historique qui bouleverse : cette qualification a eu lieu le 18 novembre, jour du 227e anniversaire de la bataille de Vertières, dernière confrontation décisive contre les troupes de Napoléon Bonaparte en 1803.

Un clin d’œil de l’Histoire, ou peut-être son rappel.

Les Grenadiers, miroir d’un peuple en lutte

Sur le terrain comme dans les rues du pays, Haïti ne cesse de se battre.

L’équipe nationale, composée de joueurs pour beaucoup issus de la diaspora et pour d’autres marqués par la réalité haïtienne, incarne cette obstination à survivre, à avancer, à résister.

Leur victoire contre le Nicaragua n’est pas seulement sportive :

elle est politique, sociale, morale.

Elle dit au monde que, même écrasée par ses crises, Haïti possède encore le souffle qui fit d’elle la première République noire indépendante.

Dans les tribunes comme dans les quartiers, dans les camps de déplacés comme dans la diaspora, une même fierté s’est levée :

Haïti existe encore.

Vertières 1803 – Mondial 2026 : un fil historique

Chaque 18 novembre, Haïti commémore la journée où les ancêtres ont mis à genoux les troupes napoléoniennes, offrant au monde un exemple unique de libération.

Ce même jour, en 2025, les Grenadiers ont rappelé que la nation n’a jamais totalement renoncé à son héritage : résistance, dignité, dépassement.

La qualification du 18 novembre n’est pas un simple hasard du calendrier :

elle est un symbole de continuité.

Vertières fut une victoire militaire.

Le Mondial 2026 devient, à sa manière, une victoire identitaire.

L’exploit d’Haïti dans une Concacaf rebattue

Dans le groupe B, Curaçao a écrit sa propre histoire en devenant le plus petit pays de l’histoire du football mondial (en population) à se qualifier pour une Coupe du monde.

Dans le groupe A, le Panama s’est imposé 3-0 face au Salvador et a profité de la défaite du Suriname au Guatemala pour prendre la première place.

Mais l’histoire la plus inattendue, la plus bouleversante, la plus universelle demeure celle d’Haïti.

Un pays au bord du gouffre, mais dont les fils ont décidé, pour un soir, de rappeler ce qu’être Grenadier signifie.

Un peuple meurtri, mais debout

La qualification des Grenadiers ne fera pas revenir les familles déplacées.

Elle n’arrêtera pas les gangs.

Elle ne rétablira pas l’économie.

Mais elle apporte quelque chose qu’aucune institution n’a réussi à offrir depuis longtemps :

un moment d’unité nationale,

un souffle de dignité,

une victoire sans violence,

un rappel que ce pays, même blessé, possède encore des raisons d’espérer.

Dans la douleur et dans la nuit, Haïti a trouvé une lumière.

Et elle brillera jusqu’à l’été 2026.

By Tanes DESULMA

Tanes DESULMA, Rédacteur en chef d’Alternance-Media, je suis diplômé en journalisme de l’ICORP et en droit public de l’École de Droit de La Sorbonne. Passionné par l’information et la justice, je m’efforce de proposer un journalisme rigoureux et engagé.

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